mercredi 6 avril 2016

Evaluations, bonbons et rendez-vous

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Mardi dernier, la journée a été à la fois longue et très rapide (lever très tôt et aller-retour dans la même journée). Et à partir de là tout s’est enchaîné le reste de la semaine (les cours avec leurs rendus, les demandes d’affectations…), bref, je n’ai pas eu un moment pour écrire, et il n’y avait de toute manière pas grand-chose à dire !

Pour résumer, ça aura été une journée ordinaire, avec des élèves moins survoltés que la semaine passée, et heureusement !

Pour ceux qui ne sauraient pas, le mardi précédent les élèves m’avaient tellement mis en boule que je me suis réveillée mercredi matin avec le dos en vrac ! Rendez-vous en urgence chez la chiro qui me dit que dans cette zone-là, si c’est bloqué c’est dû à un stress, à une contrariété…
« Vous avez été stressée dernièrement ? Eu un souci ? »
Beeeeeen…. Des élèves insupportables, ça compte ?

Résultat, j’étais donc toute bloquée du dos, à la limite du torticolis ! La chiro aura fait ce qu’elle a pu ce jeudi, mais il aura fallu un rendez-vous supplémentaire la semaine suivante pour en arriver vraiment à bout !

Du coup, le mardi, je leur ai raconté ma petite histoire, en leur disant qu’il était absolument hors de question que je me rend malade à nouveau à cause d’eux, et que c’était la première et la dernière fois.
Pour autant ils n’auront pas été non plus des plus sages… Mais pas pire que d’habitude, alors je prends !

Ali semble être reconnaissant du travail que l’on a fait ensemble sur son comportement et des encouragements qu’il reçoit ; voilà trois jours qu’il vient à l’école avec un bonbon dans la main pour me le donner ! Ca fait plaisir !



Retour à l’école la semaine suivante pour les derniers jours avant les vacances. Deux jours bien chargés puisqu’il faut faire les évaluations en français (et il y a de quoi faire !), en mathématiques et en enseignement moral et civique.

Nous attaquons donc lundi matin avec l’évaluation de français (recto-verso s’il vous plaît !).
J’essaye de donner toutes les consignes d’un bloc (à une époque, je n’aurais même pas essayé), même si je sais que certains vont avoir besoin que je les aide à se rappeler quoi faire. J’ai prévu le coup ; certains de mes élèves ont une copie différente à remplir, avec moins de choses et des exercices aidés. En plus, pour mon plus grand bonheur, E. est là ! Je lui envoie donc les plus en difficultés et je reste avec les autres, qui ont quand même peine à tout faire sans demander de l’aide.

Même avec les aides, Adam est perdu et me remplit certains endroits au hasard. Je le vois à temps heureusement et je prends le temps de rester avec lui pour l’aiguiller correctement (et éviter au passage de cette façon qu’il fasse ses exercices avec Théo, comme ils ont l’habitude de faire). Ensemble, on y arrive, et c’est très agréable d’avoir ce temps à consacrer à cet élève qui a des connaissances mais qui a encore besoin d’un coup de pouce pour commencer les choses. D’ordinaire, mon temps est absorbé par les 4 les plus en difficultés, laissant du coup les moyens se débrouiller seul alors qu’ils auraient besoin de cette petite aide pour réussir parfaitement.

Comme à mon habitude, je lève de temps en temps la tête pour vérifier que tout le monde est au travail et faire un signe à ceux qui rêvassent. Je m’apprête à le faire à Cylian qui regarde par terre. Au moment où je l’appelle pour lui faire signe je me rends compte qu’il ne regarde pas par terre… Mais dans son casier, précisément dans son cahier de leçons, planqué dans son casier !!

Ni une ni deux je lui arrache des mains et le pose, avec sa copie, sur mon bureau. Je lui demande de sortir son cahier de liaison et de le poser sur mon bureau, avant de s’installer bras en croix sur sa table en attendant que les autres terminent. Je ne décide de rien pour le moment (même si je le secoue, faut pas exagérer), car je me rappelle de nos cours à l’ESPE, qui disent bien d’éviter au maximum de réagir à chaud pour ne pas mal réagir dans le feu de l’action et donner des punitions démesurées par rapport à la faute. Les pleurs commencent et il me supplie de ne pas mettre de mot dans son carnet. Je lui dis que je m’occuperai de ça plus tard (pour le moment j’ai autre chose à faire !!).

5 minutes plus tard (chrono en main), Cylian est non seulement calmé, mais en plus je l’entends qui souffle, avec peu de discrétion, les résultats à son voisin ! Là c’est trop ! Je le secoue à nouveau et le fait s’installer au fond, où il ne pourra plus déranger personne dans son évaluation.

A la récréation, je mets un mot dans son carnet expliquant la situation. En lui rendant (dans les pleurs encore), je lui explique pourquoi et lui dit que je pensais lui faire refaire entièrement l’évaluation mais que j’ai changé d’avis. Il la termine donc pendant la récréation et gagne deux croix (une pour chaque infraction).

A midi, on fait le point avec E., et évidemment, l’évaluation n’a pas été très simple pour tout le monde. Elle reste cependant étonnée de la réussite d’Orlane ; en voilà une à qui le redoublement a vraiment fait du bien !!

Pour le reste de la journée, ce sera évaluation de mathématiques et travail du son [j]. Aux corrections, je me rends compte que c’est un son qui pose quelques soucis tout de même, mais je ne me formalise pas trop en repensant aux pages de fichier du début d’année lorsque nous enchaînions les différentes façons d’écrire les sons.

Je remballe finalement les affaires et charge la valise des évaluations à corriger. Et le temps de toutes les corriger et de remplir les bulletins de chacun, voilà déjà 22h à l’horloge... Je vais finalement me coucher à presque 23h, une fois que j’ai terminé de préparer le débat du lendemain en enseignement moral et civique. Un repos bien mérité !



Retour à l’école le lendemain matin et il faut courir. J’imprime et prépare des exercices pour ceux qui ont raté des parties de l’évaluation, afin de pouvoir vérifier leur niveau. J’imprime les premiers bulletins, j’en complète d’autres et je prépare mon tableau. Par grande chance, il me reste encore un peu de temps. Je file donc dans la salle de musique pour installer tables et chaises pour la séance d’EMC d’aujourd’hui (j’ai décidé d’arrêter de les installer par terre car même si on gagne du temps en préparation, on en perd à demande aux élèves de ne pas s’affaler par terre ou de rester à leur place.

Je file finalement récupérer mes élèves et nous attaquons une nouvelle séance de français avec le son [j]. Pas d’Emilie aujourd’hui, je suis donc accaparée par mon groupe d’élèves en difficultés. A la fin, chacun a terminé et il reste du temps ; j’en profite donc pour finir Alice aux pays des merveilles, à des élèves captivés ! Ils sortent finalement en récréation, pile au moment où nous terminons l’histoire. A la rentrée, c’est décidé, ce sera Le Petit Prince !

Après la récréation nous nous installons donc dans la salle de musique. Les places assises ne seront pas le seul changement aujourd’hui, et je leur explique donc. Ordinairement je m’installe en face du groupe et nous essayons d’entamer le débat dans cette disposition. Je pose les questions et généralement les élèves me répondent, au lieu de se parler entre eux. Je décide donc cette fois de m’exclure complètement du cercle formé par les tables et de nommer un président de séance qui aura pour rôle de donner la parole. Je m’autorise cependant à prendre part au débat quand j’estime que c’est nécessaire (pour expliquer, demander des explications…).

Autre changement ; d’habitude (dans le cadre du mémoire surtout), je donnais la question qui ouvrait le débat et j’avais donc une préparation à suivre à la lettre, ce qui n’aidait pas franchement la spontanéité des réponses et le débat naturel. J’avais prévu un thème pour cette séance mais je leur propose s’ils le souhaitent de proposer eux-mêmes des questions « que je me pose depuis longtemps et dont je n’ai pas encore eu la réponse ». C’est une idée d’un animateur de débats en primaire, qui laisse un temps aux élèves pour proposer leurs questions, les notent et en choisit quelques unes qu’il soumet au vote des élèves pour décider le débat du jour.

Je procède donc ainsi et je suis très très surprise ! Moi qui m’attendais à ce que mes élèves me sortent des questions peu philosophiques (j’en ai eu quand même, du genre « est-ce que les vampires existent ? »), j’ai finalement une majorité de questions très intéressantes pour un débat !! Céline voudrait par exemple savoir comment nous étions avant d’être né, Cyril comment nous sommes arrivés sur terre, Léa pourquoi les filles et les garçons ne sont pas pareils, Orlane pourquoi est-ce qu’on pollue la terre, et Romain pourquoi est-ce qu’il y a la guerre, et comment les guerres mondiales peuvent arriver. Me voilà déjà ravie d’obtenir ce choix de questions !

Je les soumets donc au vote à main levée et pour aujourd’hui ce sera donc « pourquoi la guerre ? ». Je sors du cercle et les laisse mener le débat, ce qui fonctionne très bien, à ma plus grande satisfaction ! J’ai malheureusement encore besoin d’intervenir pour demander le calme et l’écoute, mais je ne changerai pas ma classe je crois…

Les interventions, pour la plupart, sont pertinentes et intéressantes. Alexis, qui ne prenait pas ou très peu la parole auparavant dans les débats, nous explique que si la guerre existe, c’est parfois à cause de l’eau ou du territoire, que certains pays entrent en guerre pour récupérer l’eau d’autres pays. A un moment, Léo nous demande si la guerre peut encore arriver, et Joriss répond que non, puisque les chars n’existent plus. Des doigts se lèvent (pour mon plus grand bonheur !) pour le contredire et lui expliquer que non, ça ne veut pas dire que la guerre n’existe plus. Il est cependant difficile pour certains de concevoir qu’une guerre mondiale pourrait arriver. Cyril nous explique que sa maman a dit que non, alors ça ne pourra pas arriver, ou alors dans des années et des années.

Je sens que cette idée pose souci, et d’ailleurs plusieurs lèvent le doigt mais malheureusement il est l’heure de partir. Je note la dernière réflexion et leur explique qu’il faut s’arrêter là. Pour clore le débat en beauté, j’ai le droit à un « ooooh nooooon » général, que les élèves ne m’avaient encore jamais fait lors de l’arrêt d’un débat !

Je les laisse donc filer et prend soin de noter toutes leurs idées et les remarques que je me suis faite (j’avais tout enregistré sur mon portable mais bug de l’application….). D. passe par là et me demande ce que je fais. On papote et de fil en aiguille je lui parle d’une rencontre prévue ce soir entre Emilie, moi et les parents de la petite Romane (que nous voudrions envoyer en classe spécialisée, ce qui a été clairement refusé par les parents).

Je suis donc complètement angoissée de cette rencontre. Il faut que je parle à des parents déjà braqués à mort parce qu’on leur a annoncé que leur fille n’était pas dans la moyenne et n’y serait probablement jamais. Il faut donc que j’explique à ces parents-là que leur fille est en grande difficulté (mais sans vraiment le dire pour ne pas vexer), qu’elle a besoin d’aide en permanence (mais sans trop insister pour ne pas les braquer et retourner sur la pente dangereuse de la CLIS), et qu’elle serait donc bien mieux ailleurs. Cette rencontre me panique complètement ! Je voudrais être rassurante mais bien claire aussi sur les possibilités de Romane, tout en trouvant les bons mots pour retrouver une relation de confiance un peu perdue et ne pas renforcer le déni et le refus de ces parents en deuil d’une enfant parfaite. Qui a dit que l’on ne pouvait pas jongler avec des boules de feu ?

D. tente comme elle peut de me donner des idées de formulations tout en pointant quand même les difficultés de Romane pour le dernier test qu’elle a passé aujourd’hui. On en discute longuement, et lorsque nous finissons, il est déjà 12h30 ! Je mange en quatrième vitesse et je file corriger les fichiers de français.

Cet après-midi, comme la semaine passée, nous sommes en ateliers pour la préparation du spectacle de fin d’année. De mon côté, je suis en charge du groupe théâtre ! Les élèves ont tous fait des choix (danse, théâtre, chant) et ont été répartis dans les différents groupes. Je me retrouve donc avec un groupe de 26 avec des élèves de tout âge !

Un moment très sympa ! Les élèves sont motivés dans l’ensemble (même s’il y en a toujours un ou deux qui n’a pas envie ce jour-là) et ont envie de participer, sans trop faire de bazar. On commence par des échauffements ; marcher comme dans le monde du chewing-gum, de la glace, des nuages, du noir… Je propose des mondes, et la deuxième semaine, ce sont les élèves qui mènent, avec de quelques très bonnes idées ! Les élèves adorent et se prêtent facilement au jeu.

En première séance la semaine passée, nous avions travaillé principalement les mimes, avec des situations qui expriment un sentiment (la tristesse, la joie, l’embarras, la colère…). Nous avons aussi utilisé une même situation pour la jouer de plusieurs façons différentes (je lis un livre ; drôle/ennuyeux/incompréhensible), afin de voir comment il était possible de faire comprendre une situation et des émotions au travers de simples gestes bien choisis. Ce qui sera bien utile puisque lors du spectacle nous ferons beaucoup de mimes (pendant que les autres chantent, dansent, pendant une saynète où seul l’élève principal parlera), notamment parce qu’il n’y a qu’un seul micro dans un gymnase immense, et qu’il faudra donc que certains lisent/récitent pendant que d’autres jouent.

Pour cette semaine, après les échauffements, nous travaillons les différents tons de voix (dire la même chose mais sur différents tons, et il y a des idées !), puis nous abordons « prêter sa voix » (« ben le playback quoi maîtresse ! »). Trois élèves viennent au centre pour jouer une petite scène mais n’ont pas le droit de parler (seulement de faire semblant de parler en bougeant les lèvres) pendant que trois autres font les voix des acteurs. On se met d’accord avant sur ce qui peut être dit dans cette situation, et on y va ! Plusieurs groupes passent, et l’enthousiasme est au rendez-vous !

Mais très vite il faut repartir, car c’est l’heure. Pour ma part je retourne en classe une fois que j’ai retrouvé tous mes élèves des différents groupes. Chacun note les devoirs, fais son cartable et tout le monde sort en récréation, sauf une petite poignée d’élèves qui restent avec moi pour refaire des parties d’évaluations, que je ne considère pas comme non acquis ce qui était en fait une simple mauvaise compréhension de consigne. Le temps de faire repasser tout le monde, il est vite l’heure de rentrer à nouveau.

Nous enchaînons avec une séance (très pénible) de symétrie via un quadrillage. Pas facile de comprendre que l’axe de symétrie est un miroir, et que donc l’image n’est vient en inverse, et qu’il faut compter les carreaux pour être sûr de ne pas se tromper… Tout ça tout ça !

Bref, je finis devant avec mes 4 élèves habituels + Julie qui ne comprend pas + Jade qui en comprend pas + Amar qui aurait besoin d’aide + Cyril qui vient se plaindre d'Ali + Romain qui vient se plaindre d'Alexis + Alexis qui vient se plaindre de Joriss + Léa qui est en train de passer l’évaluation de français car elle était absente hier et à qui il faut donc expliquer les consignes au fur et à mesure + Killian qui se plaint d'Alice + ………………
De quoi multiplier les personnalités ! Dur dur d’être maîtresse parfois, on m’avait pas dit à moi qu’il fallait avoir 6 bras, 2 langues et 8 cerveaux…

Nous arrivons au bout de cet après-midi et je sais déjà que je récolterai une tripotée de fichiers avec des fautes… Je n’aurai pas le temps de le savoir ce soir.
Car déjà il faut repartir, et le temps de boucler mes affaires et de préparer deux trois petites choses pour E., que la voilà justement qui arrive pour la réunion avec les parents de Romane.


Nous nous installons dans la salle de musique, et entamons avec le point sur les évaluations. Au final, une réunion de trois quart d’heure où nous essayerons au maximum de valoriser les bons résultats, tout en pointant délicatement du doigt qu’elle ne peut RIEN faire seule et que donc elle reçoit une aide individuelle permanente pour la moindre copie (en espérant que ça les dissuade au moins de la mettre dans la classe unique qu’ils visaient). 
Je suis mal à l’aise, je sens l’éléphant dans la pièce. Tout le monde pense à la CLIS, personne n’en parle, et chacun sent la présence de cette ombre sur notre conversation. Nous n’en parlerons finalement pas, et nous nous quitterons en accord sur les grosses difficultés en mathématiques, et l’impossibilité d’autonomie. Pour le reste, il faudra que les parents terminent leur bout de chemin, en espérant qu’il arrivera à la même conclusion que le nôtre…

Pour l'heure il faut maintenant filer prendre le bus de 18h02, pour aller jusqu'à Sa., pour prendre le train de 18h28, qui m'emmène jusque C., où je prends le train de 19h50 pour enfin arriver à la gare d'A. ! Longue, très longue journée qui se termine bien vite (juste le temps de manger et de me coucher en somme). Cette semaine sera encore bien chargée, et les vacances qui m'attendent remplies d'heures de rédaction de mémoire, mais ça fera du bien de prendre un peu de temps en dehors de la classe ! J'ai quand même hâte de passer à la dernière période, où je n'aurai plus les exigences de la fac (faites une séquence de science, une de musique, une d'anglais...), plus de visites de ma formatrice, et moins d'exigences du programme (le plus gros est passé !). 
Il s'agira donc de réviser, de s'entraîner tout en voyant quelques nouvelles notions (mais a priori plutôt simples), et d'ajouter des petits moments sympas comme du rythme, du théâtre, des arts plastiques...

Pour aujourd'hui ce sera classement des écoles pour les affectations de l'an prochain... Premières réponses fin mai !

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup l'illustration qui reflète tout à fait l'évolution !

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  2. Bah bravo, hein, je n'aurai pas supporté d'en faire la moitié, il faut croire que tu as vraiment la vocation et les capacités !

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