lundi 9 mai 2016

Graffiti et petit cadeau


Réveil pas trop dur ce matin, les 4 jours de repos ont fait un bien fou (je n'ai pas bien avancé mon mémoire mais tant pis, j'ai pu me détendre un peu).

Arrivée à l'école, il faut un temps fou à l'ordinateur pour bien vouloir s'allumer. Et ce n'est pas fini, puisque j'ai oublié ma trousse avec ma clé USB ; il faut donc que je créé un brouillon avec mes deux pages de cahier journal en pièce jointe, sur ma boîte mail (grâce au partage de la connexion internet de mon téléphone portable). Jusque là ça va, c'est plus le fait de charger ma boîte mail sur le pc de la classe pour les récupérer qui fait peur... Et il faudra effectivement plus de 10 minutes et plusieurs essais pour y arriver (ouverture de la boîte mail, arrêt de chargement, fermeture de la boîte mail, rouverture de la boîte mail, arrêt de chargement..........).

Bref, je finis par réussir à télécharger et imprimer tout ça juste à temps pour aller accueillir les élèves. Dans le hall de l'école, Ali vient me dire bonjour et me dire que son papa est à la porte pour me parler. Je me tourne et voit effectivement un monsieur qui me regarde (monsieur dont je n'avais jamais vu la tête avant aujourd'hui), à qui je fais un sourire. Il finit par entrer et m'explique qu'Ali partira en vacances pour deux semaines.... ce soir ! Qu'il est désolé, que sa femme a oublié de prévenir et que c'est pour ça qu'il ne vient qu'aujourd'hui (ben voyons, elle a bon dos la femme...). Et que si c'était possible qu'Ali reparte ce soir avec les devoirs à faire pour rattraper les deux semaines ce serait super. Ben oui, on va faire ça alors, pas bien le choix... (ça va que la semaine prochaine a au moins un jour férié...!).

J'explique ça à E. (qui n'a pas de remplacement aujourd'hui), qui secoue la tête d'un air résigné. "Au moins, au retour d'Amar on n'aura plus Ali, ça fait du bien à l'ambiance de classe !". Pas faux, ces deux-là se mangent la queue en permanence, ce seront des remarques intempestives de moins.

Nous rentrons en classe et commençons la journée avec le "quoi de neuf" où les élèves racontent leur week-end. Sara nous montre même une petite Tour Eiffel et nous raconte son week-end à Paris. Alice, elle, nous raconte qu'elle a une nouvelle petite soeur. Clélia quant à elle serait partie dans les îles de la Guadeloupe (sisi !) !
Nous prenons un peu plus de temps que d'habitude, mais avec le week-end long, les élèves ont beaucoup de choses à raconter...

Une fois que tout est terminé (même si je coupe court à certaines interventions qui s'éternisent), je propose que nous commencions la classe avec quelques minutes de rythme. Pour leur montrer de quoi je veux parler, je m'installe devant, à genoux, les mains posées sur les tables du rang de devant et je commence à taper un rythme. Puis je leur fais signe, et les voilà qui le répète de manière désordonnée et chaotique. Nous reprenons, en commençant bien ensemble cette fois, et malgré quelques petites erreurs, le résultat n'est pas mal du tout. Je propose deux autres rythmes avant de demander à un élève de prendre le relais et de proposer un rythme à son tour. Les élèves jouent le jeu, sauf Cyril qui fait la mou et que j'envoie au fond (sûrement vexé de ne pas avoir réussi du premier coup).

Nous commençons finalement une séance de français avec les contraires et la conjugaison. J'envoie un petit groupe à E. et je circule sans interruption dans la classe pour aider ceux qui restent. Je me fais la réflexion qu'avec 3 élèves en moins, je pourrais faire bien mieux progresser un ensemble d'élèves un peu fragiles mais qui pourraient réellement faire d'énormes progrès avec le bon coup de pouce. Mais pas facile de leur donner quand toute l'énergie et le temps (ou presque) sont consacrés à garder 3 élèves à peu près à niveau, ou au moins la tête hors de l'eau.

Nous terminons la page (péniblement pour certains), et les élèves sortent en récréation. Je sors aussi, croyant profiter du soleil et du beau temps, mais ne trouve en fait que nuages et bourrasques de vent. Nous retournons en classe pour une séance de maths sur les arrêtes et les sommets ; quelques difficultés mais bien compris dans l'ensemble, tout va bien jusque là !

Mon groupe d'élèves habituel reste en APC pendant que les autres filent manger. En plein milieu de la séance, Thomas s'exclame : "Maîtresse, y'a un gribouillis par terre !!". Je regarde par terre devant sa table et effectivement je trouve un beau gribouillis, moitié ratures moitié écrit. Je bondis de colère et vais voir ; ça a été fait derrière la chaise de Killian, un habitué des frasques... Et je trouve bien sûr un feutre ardoise dans son sac ouvert. Je trouve aussi un feutre noir dans la trousse de Cyril, assis à côté. Je tente de ne pas juger tout de suite et me fais la promesse de les récupérer au passage ce midi, histoire d'avoir des explications (même si la seule chose que je souhaiterai faire, c'est leur tirer les oreilles bien correctement pour les amener jusque là et les faire avouer leur faute).

Une fois les élèves repartis, je me calme et vais manger avec E. et les autres. On papote, on traîne, et bien vite il faut repartir pour corriger quelques fichiers avant le retour des élèves. Juste le temps de corriger cahiers du jour avec la dictée et fichiers de maths que je repars récupérer mes trois élèves. Je les amène devant la tâche en question et commence (légèrement je l'avoue) à monter le ton. Cyril se met à pleurer en me jurant que ce n'est pas lui. Killian a les larmes aux yeux lui aussi et me jure la même chose. Céline, elle, n'a pas l'air plus inquiète que ça, je pense qu'elle sent que je ne l'ai amené ici que par pure esprit de justice.
On en discute et je leur dis que je veux bien les croire, et leur fait promettre que ce n'est pas eux. J'ai d'autant plus de facilité à les croire que Killian et Cyril m'expliquent que ce n'était pas là quand ils ont quitté la classe ce midi. Ca veut que c'est un de mes élèves d'APC qui l'a fait, donc pas n'importe qui... A coup sûr, Ali.

Je tente de ne pas porter de préjugés (même si vu les autres élèves présents dans le groupe d'APC, il n'y a qu'un doute extrêmement minime). Lorsque les élèves rentrent en classe je m'énerve et leur dit que c'est un scandale que ce genre de choses puissent arriver, que c'est un manque de respect flagrant et inacceptable, du matériel, de ceux qui vont l'utiliser après eux, de la femme de ménage, du directeur et de la mairie qui paye ces locaux, et de moi-même qui vais devoir expliquer à la femme de ménage que je ne sais pas tenir mes élèves correctement au point de les laisser gribouiller sur le sol. J'ajoute que si j'avais des maternelles j'aurais presque compris que cette bêtise arrive, mais qu'en CE1 c'est impardonnable, et que je pense bien que s'ils avaient fait ça chez eux ils se seraient reçu une belle raclée de la part de leurs parents. E. est là aussi et ne manque pas de rajouter une couche. Je termine en leur disant que si j'avais fait ça avec une de mes instit' à l'école quand j'étais petite, je me serais fait tirer les oreilles pendant un moment, et que c'est tout ce que j'avais envie de faire là maintenant.

J'attends que E. s'en aille, le temps pour moi de redescendre en pression. Une fois partie, j'annonce la couleur : je donne à l'élève responsable jusqu'à la fin de la récréation pour se dénoncer. S'il tente sa chance pendant le temps imparti, je m'engage à ne pas le gronder plus encore, et à ne pas mettre de mot dans le carnet, je lui demanderai juste de réparer sa faute et donc de nettoyer le sol.
Certains ne semblent pas me croire, mais ce ne sont pas les coupables donc peu importe, même si j'insiste bien que telle est ma promesse.

En attendant, je les lance sur une séance de français, pendant laquelle j'appelle les élèves un par un pour les prendre en photo car pour la fête des mères, nous réalisons des cadres photos ! Nous pourrons les monter demain (car pas le temps la semaine prochaine à cause du lundi férié, et pas le temps la semaine suivante à cause du rendez-vous à la bibliothèque).

Le moment de la récréation arrive bien vite, et je fais sortir tout le monde. Ali vient me voir mais je refuse de lui parler tant que tout le monde est encore là, car je sais ce qu'il vient me dire... Je laisse Orlane dans la salle de classe pour corriger son cahier du jour (corrections qu'elle n'a pas faites depuis des semaines), et je sors dans le couloir avec Ali. Il me confesse que c'est lui qui a fait ça. Je lui demande pourquoi, il me dit "pour rigoler". Je lui explique avec tout le calme du monde que ce n'est pas possible de faire ce genre de choses et que j'espère qu'il a bien compris que c'est un manque de respect que de faire ce genre de choses, et une dégradation du matériel que nous payons pour lui et les autres. Il est tout penaud et semble comprendre. Je l'emmène donc prendre un saut et une éponge avec du savon et le voilà qui frotte par terre. Orlane est encore dans la classe, et je lui demande de ne rien dire aux autres. "Ha oui, sinon y'en a qui pourrait faire des histoires et l'embêter hein ?". C'est ça Orlane, tu as tout compris...

Les autres reviennent finalement en classe à la fin de la récréation et découvrent le sol propre. "Alors, c'était qui ????". Pas vos affaires !

On termine la séance de français et on finit la journée bien vite. Ils papotent et font bien trop de bruit mais j'ai trop crié pour aujourd'hui, j'ai la voix et le corps bien fatigués.

Et......... j'ai mal à la gorge !
Voilà deux semaines que Nathan et moi terminons des rhumes, juste le temps de le refiler à l'autre (Nathan a commencé, puis m'a refilé son rhume, que je lui ai rendu en fin de semaine dernière, et que j'ai récupéré visiblement aujourd'hui...). Petit tennis de microbes, qui attestent surtout de notre fatigue je pense.

Je remballe les affaires et file à une réunion pour préparer le départ à la retraite du directeur. Quelques idées lancées et je quitte vite la réunion ; ça n'avance pas et j'ai beaucoup de choses à faire ! Je file à Carrefour faire une course, remballe mes affaires et rentre à la maison corriger des évaluations et préparer le théâtre pour le lendemain. Je pensais préparer de la découverte du monde mais je pense que je vais être trop crevée pour cette fois...

Arrivée à la maison je découvre un petit paquet sur mon lit avec un petit mot :
"Pour Marie, Un souvenir de mes courtes vacances"
Quelle gentille femme cette Isabelle !!! Je découvre donc avec un grand plaisir un petit savon et une jolie serviette, souvenirs d'Avignon. Quelle gentille attention !! Je ne manquerai pas de la remercier ce soir...!

2 commentaires:

  1. C'est super sympa de la part d'isabelle ! Et toi tu devrais aller en pharmacie et leur demander une cure de vitamines pour rebooster ton immunité, sinon vous ne vous en sortirez pas de ces rhumes !Bon courage avec tes affreux !

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    1. Oui c'était vraiment adorable de sa part !
      Le petit tour à la pharmacie a déjà été fait... Mais nous nous remettons tous les deux, même si Nathan tousse encore un peu (en pleine nuit sinon c'est pas drôle).
      Merci !

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