
Oui, je sais, j'ai battu des records en publiant ces textes le vendredi... Mais un rhume et un dossier ont eu raison de moi ! Et puis, je dois l'avouer, une journée de vacances aussi... Mais les voilà !
Lundi :
Pour la deuxième fois de l'année, je file en cours cette semaine avec un rhume carabiné !
On remonte les manches et on se lance dans l'aventure, priant bien sûr pour que les élèves veuillent bien faire le plaisir de bien se tenir.
Le réveil fait quand même un peu mal aux oreilles à 4h45. Je me lève péniblement, enchaîne douche et rangements pour boucler les sacs, et Nathan me dépose gentiment à la gare, lui aussi un peu dans le gaz...
J'arrive à S. Même routine que d'habitude ; rangement des tupperwares, cappuccino (y'a bien besoin d'un minimum de caféine), rangement des affaires pour ces deux prochains jours, consultation de la boîte mail, changement des élèves de service, impression du cahier du jour et des exercices de différenciation, consultation du cahier de liaison tenu avec E. et c'est parti pour l'accueil des élèves.
Je regarde mes élèves se ranger, et nous entrons en classe. Nous commençons d'abord par raconter nos week-end, comme chaque semaine. Etrangement, si ce moment pourrait partir facilement n'importe comment et amener les élèves à s'épancher et à faire traîner, c'est en fait un moment qui se passe bien et sait s'arrêter rapidement. Un petit plaisir qu'ils gardent et qu'ils me donnent envie de garder !
Nous attaquons ensuite une page de fichier de français, où nous découvrons comment classer par ordre alphabétique. Je ne fais que le premier exercice de la page, qui demande déjà de comprendre comment classer en ne regardant que la première lettre mais aussi en regardant la deuxième, si la première est la même. Après cette introduction, je leur note au tableau trois mots dont les 4 premières lettres sont identiques, et leur demande de les classer dans l'ordre alphabétique. Les élèves cherchent et déjà certaines idées fusent.
Léa me propose une premier ordre ; elle m'explique qu'elle a regardé l'avant-dernière lettre pour pouvoir les classer.
Céline est d'accord avec Léa, mais pas Sara qui me propose de les classer en regardant la dernière lettre.
C'est Patrick (surprise !) qui me propose le bon ordre en m'expliquant qu'il a regardé la première lettre qui change (enfin, il essaye de me l'expliquer mais je finis par traduire pour tout le monde).
Finalement nous éliminons l'ordre de Léa facilement car, même avec sa méthode, elle a effectué une erreur. Nous trouvons donc que sa proposition ne peut pas être correcte. Restent deux solutions ; je laisse les élèves évaluer laquelle paraît la plus correcte. Ils me proposent à la majorité la solution de Patrick, qui leur paraît plus logique suite à l'exercice d'introduction (où nous regardions la deuxième lettre si la première était identique pour chaque mot).
J'approuve leur choix et leur explique donc la règle en détails.
Puis je m'arme d'un dictionnaire et leur ajoute que finalement, savoir classer des mots dans l'ordre alphabétique, c'est savoir chercher un mot dans le dictionnaire. J'en explique le fonctionnement en détails, deux fois de suite en essayant d'être le plus explicite possible. Puis je fais distribuer un dictionnaire à chacun que je demande de laisser fermé, et j'ouvre le mien. Je demande à Alice de me dire Stop quand elle le souhaitera, et je commence à faire défiler les pages. Elle me dit Stop, et je lui demande de le refaire pendant que je laisse glisser mon doigt sur la page. Elle me dit Stop à nouveau, et je découvre le mot recherché : poumons !
Tous les élèves ouvrent leurs dictionnaires et partent à la recherche du mot.
Certains y arrivent (une bonne moitié), d'autres pataugent. C'est normal, c'est la première fois ! Mais ce n'est pas du goût de Cyril, qui, comme d'habitude, manifeste clairement sa colère de ne pas réussir tout de suite, comme ses copains (parce que ses copains sont les têtes de la classe, et n'ont vraiment aucune difficulté à ce jour). Mis à part les copains, je penche très sérieusement pour une influence et une pression trop forte de la part des parents (surtout depuis que Cyril est venu me voir en pleurs en me disant qu'il ne voulait pas faire l'évaluation parce qu'il avait peur d'avoir un 2, et que quand il a un 2, sa maman dit qu'il n'a pas assez travaillé ou qu'il n'a pas compris alors qu'il devrait). A mon avis l'ambiance à la maison doit être tendu quand vient le sujet de l'école (surtout quand on sait que 2, c'est simplement la note que les élèves obtiennent s'ils réussissent souvent avec quelques petites erreurs, la meilleure note pouvant être obtenue étant 1, soit jamais aucune erreur).
Bref, Cyril s'énerve et je prends un temps pour lui expliquer (à lui et aux autres au passage) que si on vient à l'école c'est pour apprendre, et que ça prend du temps, et de l'exercice, pour arriver à maîtriser une notion. Je lui demande avec un sourire s'il pense que j'ai réussi tout de suite parfaitement quand on m'a mis une voiture entre les mains. Il me répond que non, encore à moitié en train de bouder.
Pour l'aider et le dérider, je reprends avec tout le monde avec un nouveau mot, que l'on cherche ensemble cette fois, en détaillant chaque étape pour être bien sûr que chacun y arrive. Cyril y arrive finalement, dans un demi-sourire qu'il cherche un peu à cacher.
Je lance un dernier mot ("Ouaaaaaiiiiis"), et déjà il est l'heure de sortir en récréation (et même plus que l'heure). Je ne culpabilise pas trop de les faire sortir en retard, car ici, la récréation, ça traiiiiiiiiiiiiiiine.... Je profite donc de pouvoir manger sur ce temps avant de sortir !
Finalement chacun sort, et je profite de 2 min au calme pour m'effondrer sur une chaise et fermer un peu les yeux. Echarpe au cou, je m'en vais faire la même chose (dans moins de calme) au soleil, dans la cour.
Après la récréation, ce ne sera pas italien, puisque Sara a fait sa dernière journée la semaine dernière !
Je m'occupe donc de faire classe pour cette semaine, avec un peu de mathématiques ; je fais d'abord un peu de remédiation (non, 10g n'est pas égal à 100g) avant de lancer les élèves sur une évaluation sur les masses (histoire qu'ils ne la fassent pas dans 4 semaines après avoir tout oublié).
Vu que la récréation a traîné en longueur, j'ai à peine le temps de les lancer dessus que déjà il faut partir... Tant pis, ils termineront ça avant de sortir en récréation cet après-midi !
Les habitués restent avec moi en APC. Thomas, qui avait un peu arrêter de faire des efforts (et donc des progrès) ces derniers temps, s'applique réellement. Voilà qui fait plaisir ! J'insiste bien sur ses réussites et le félicite plus encore qu'avant. Ali, qui nous rejoint pour la première fois cette semaine, s'applique très bien lui aussi et me fait de jolies lignes. Faut-il encore qu'il le fasse sur ses cahiers maintenant...! En tout cas il prend goût aux APC, car lorsque je leur dis que c'est terminé, j'ai le droit à un "déjà ?", et même à un "c'est trop bien les APC !". Je pense que c'est surtout le fait d'être en tête à tête avec la maîtresse, d'être autant félicité et d'être en réussite qui est "trop bien"...!
Ce midi, les yeux à moitié fermés et le corps tout engourdi, j'engloutis péniblement mon repas (pas bien faim avec ce nez bouché et les sens anesthésiés...!). N. et moi parlons du spectacle de fin d'année ; modification sur la scène écrite, rectifications sur le déroulement général. Elle me fait des propositions pour raccourcir la grande scène du milieu, où les élèves vont réellement prendre des rôles et apprendre du texte ; je l'avais écrite trop longue, je ferai donc des modifications ce soir pour pouvoir en parler aux élèves dès demain.
Retour en classe, je n'ai rien à corriger ou presque, je peux donc préparer tranquillement l'après-midi.
Au retour les élèves se dispatchent : le groupe de 9 qui était avec moi la semaine passée va avec les pompiers pour l'APS, le reste de la classe reste avec moi pour la grosse (très grosse) séance sur l'électricité.
Même si je redoute un peu (beaucoup), j'installe deux groupes de 4 sur deux ordinateurs pour des recherches sur conducteurs/isolants électriques, pendant que je prends un groupe de 8 avec moi sur les deux premières fiches à remplir.
Ayant prévu que ça prendrait plus de temps et d'énergie que la dernière fois, j'avais rempli la première fiche à moitié, nous épargnant les 10 minutes à épeller "fer à repasser", "horloge" ou encore "réveil".
Et évidemment... Au bout de 5 minutes le bruit envahit la salle, les deux groupes sur ordinateurs étant tout simplement incapables de chuchoter, et le groupe avec moi en profite joyeusement (enfin, surtout Joriss, Julian et Romain).
Je tente plusieurs retours au calme mais le bruit revient bien vite. Par-dessus le marché, Orlane vient se plaindre que Jérémie fait les recherches sans écouter ses conseils, et Léa et Louana viennent râler que les garçons (Cylian et Alexis, évidemment) ne font que chercher n'importe quoi sur internet. En leur demandant de retourner au calme je leur explique au passage que sur un ordinateur, il y a ce qui s'appelle un historique, et qu'avec ça je peux vérifier où ils ont été sur internet, et que je pourrai donc les punir en conséquence s'ils ne font pas le travail demandé pour aller jouer...
Blanc... Cylian et Alexis semblent se décomposer et repartent dans leurs recherches sans un bruit.
Au bout de quelques minutes, ils finissent par retourner chacun à sa place les bras croisés, parce que "les filles ne nous laissent rien faire et c'est pas juste" (ooooouh le vilain caractère de cochon qui m'agace !!). Je finis par les gronder, en leur disant que la semaine dernière ça s'est très bien passé, et que s'ils sont aussi bébés que ça tant pis pour eux, c'est moi qui décide qui fait quoi puisqu'ils n'arrivent pas à s'en charger seuls. Petite vexation au passage de s'être pris cette réflexion, mais c'est tant mieux, ça les motivera peut-être à se comporter autrement !
Je demande donc à Léa de taper à l'ordinateur, à Alexis de prendre des notes, et aux deux autres de faire un résumé de ce qu'ils liront.
J'arrive finalement à finir la première fiche avec mon groupe, et nous attaquons une deuxième où il faut beaucoup lire. Nous essayons mais... beaucoup trop de bruit de la part des deux autres groupes, j'abandonne finalement pour faire la fiche ensemble, plus tard.
Les groupes échangent de place, et les choses se passent un peu mieux cette fois. Très vite il est l'heure de la récréation et le groupe parti avec les pompiers revient en classe. Je demande à chacun de retourner à sa place pour finir l'évaluation de maths avant de sortir en récréation. Pas de soucis, les élèves remettent même les tables que nous avions bougé pour le travail en groupe, sans même que je le demande (ça fait plaisir de les voir un peu autonomes et débrouillards pour une fois !!).
Ils finissent ça et sortent vite dehors.
Lorsqu'ils reviennent, nous essayons de faire la deuxième fiche. Dans l'ensemble, pas de soucis. Nous continuons avec la troisième, puis la quatrième. Un peu laborieux... Mais ils semblent comprendre ! Nous n'aurons par contre pas le temps de faire la dernière fiche... Tant pis, j'essayerai de la faire une autre fois.
Je les lâche finalement, prends toutes les fiches remplies par mes élèves et les enfournent dans ma valise. Je récupère toutes mes affaires et je rentre à la maison pour corriger tout ça.
En arrivant je suis complètement exténuée, crevée par le rhume et les enfants... Je commence par modifier la scène pour le théâtre de demain et enchaîne avec les corrections des fiches. Je voulais aussi reprendre un dossier pour l'ESPE mais j'abandonne. Je mange un bout devant la télé et je vais m'enfoncer dans le lit...
Mardi :
Le réveil sonne, la tête fait mal.
Je n'ai rien dormi, sans cesse réveillée par le nez bouché, ou le nez qui coule, ou le coup de chaud, ou le frisson... Sale nuit !
Je m'arme de courage pour sortir du lit et me motiver à aller sous la douche. Courage : plus qu'un jour, après c'est (un petit peu) les vacances !
J'arrive à l'école à 8h10. Juste le temps de me faire un cappuccino et je file accueillir les élèves. Je n'avale rien pour ce matin, pas faim...
Nous voyons passer pas une, pas deux, mais trois élèves avec des gâteaux et boissons pour leur anniversaire !
Et aujourd'hui, comme la semaine dernière, il y a une dame, Monique (j'ai changé le nom hein, pas de panique). Cette dame occupait avant un poste plutôt haut dans l'éducation nationale, et est d'ailleurs très amie avec l'inspecteur (m'ont dit les collègues). Elle est parti pour occuper son poste dans un endroit au soleil avant de revenir. Je n'ai aucune idée de ce que sont vraiment ses fonctions dans cette école à vrai dire, pour ce que j'en ai vu, elle est là en soutien, pour aider tout le monde.
Peu appréciée des collègues j'ai l'impression, notamment parce qu'elle distribue ses conseils comme parole d'évangile, et qu'elle juge un peu tout ce qu'elle trouve. Ce que je trouve étrange, c'est qu'elle occupait un poste assez élevé, et qu'aujourd'hui elle se pointe au travail... en jogging ! Deux fois trop grand bien sûr, avec un pull en polaire trop grand lui aussi, et le tee-shirt qui en dépasse de plusieurs côtés. Bref, pas franchement une tenue avec laquelle j'oserai venir au travail........ Mais bon !
Nous rentrons en classe et les élèves découvrent le tableau des croix d'avertissement aimanté au tableau, en plein centre. Sur cette feuille, j'ai ajouté des croix en face de certains élèves, à la date d'hier. Je leur explique que c'est pour la séance de l'après-midi, qui s'est très mal passée alors que la semaine dernière nous n'avons eu presque aucun souci. Evidemment, ils ne font pas les fiers. J'ajoute que je suis malade et déjà bien fatiguée, et que j'attends d'eux une gentillesse extrême pour ne pas m'énerver et me fatiguer encore plus. On verra si ça marche !
Nous attaquons finalement une séance de français sur la conjugaison et les classements dans l'ordre alphabétique. Nous terminons la page de l'autre fois et je leur annonce que pendant qu'ils seront en train de faire leurs exercices, j'appellerai des élèves pour qu'ils viennent me voir et corriger certaines choses (des exercices de l'évaluation de maths).
Me voilà bien optimiste !!
En réalité, je passe la séance à passer dans les rangs pour aider les élèves, alors que je pensais que les exercices ne poseraient pas souci... Hé bien tant pis, je ferais les corrections avec eux plus tard !
Ce matin, Ali est très agité et m'agace prodigieusement. J'essaye d'être patiente et tolérante (ça fonctionne bien avec lui), mais il y a un moment où ça ne peut plus fonctionner ! Je lui fais donc plusieurs réprimandes à la suite, mais pas volées...
Au moment de sortir en récréation, Cyril et Romain viennent me voir.
"Tu sais, Ali il a dit que t'étais pas gentille..."
Je souris et leur répond que tant pis, que je ne suis pas là pour être gentille mais pour leur apprendre des choses. Cyril hoche la tête et me répond ;
"Oui et puis en plus c'est pas vrai, t'es trop gentille en vrai."
Grand sourire et il sort de la salle. Voilà qui fait plaisir ! Et je sais qu'Ali, en réalité, est juste terriblement vexé de s'être tant fait grondé aujourd'hui, je ne le prends absolument pas pour moi !
Nous sortons donc au soleil pour une récréation à rallonge, parsemée de gâteaux et bonbons en tout genre. Nous retournons finalement en classe pour une séance de mathématiques sur le thème des solides, avec l'introduction des termes "pavé droit" et "cube".
J'avais récupéré hier au soir, pour la séance du jour, des objets qui pouvaient représenter ces solides. Je leur montre, je les fais tourner et les élèves comprennent vite la différence entre carré et cube, ou entre rectangle et pavé droit. La séance, que j'appréhendais, se déroule finalement très bien, avec beaucoup de réussite !
Les élèves partent manger, moi je m'installe aussi avec E. et Monique, dans la cour de récréation, au soleil ! Soleil qui se cache malheureusement bien vite et nous laisse dans le vent et le froid... Nous rentrons finalement et je termine mes corrections.
La séance de théâtre se passe bien, les élèves ont encore un peu du mal à suivre le bon déroulement mais ça fonctionne. N. est intransigeante, et crie beaucoup (trop ?) à mon goût...
Nous terminons par la distribution des rôles pour la grande scène.
Après ça, tout le monde revient en classe. Je leur fais noter les devoirs et passe un accord avec eux : tous les mardis, lorsque nous avons terminé les ateliers, nous revenons en classe pour noter les devoirs et nous sortons tout de suite en récréation, avant tout le monde. Ca leur permet de jouer un peu seuls dans la cour, de profiter des jeux (qui sont d'habitude vite accaparés par les grands). Par contre, lorsque je siffle, même si les autres ne rentrent pas en classe et ne se rangent pas, il faut qu'ils reviennent vers moi, se rangent et rentrent en classe.
Une idée derrière tout ça : comme les récréations durent un peu trop longtemps, le lundi je les fais sortir en retard. Par contre le mardi je ne peux pas car je suis de service de surveillance ! Je dois donc être la première dehors... En faisant comme ça, je suis la première sortie mais je peux rentrer quand je veux !!
Nous rentrons donc au bout de 25min. E. vient m'aider en classe et prends des élèves en français pour corriger les pages faites dernièrement et où il y avait beaucoup d'erreurs. Pendant ce temps j'en prends en mathématiques, un par un, et les fait corriger les évaluations (pour ceux qui avaient eu de gros soucis, surtout d'inattention). Pendant ce temps, tout le monde s'entraîne à écrire correctement le verbe être et le verbe avoir sur son ardoise (si j'arrive à l'écrire dix fois sans regarder et sans fautes, je peux faire un dessin !). Calme plat, de quoi travailler correctement, ça fait du bien !
Il est vite l'heure mais nous avons eu le temps de faire passer tous les élèves. Je remballe mes affaires et file prendre mon train. Je m'y enfonce, exténuée, et contente d'être en "vacances". Reste un dossier pour l'ESPE à refaire (oui refaire, on a vu faux la première fois qu'on l'a rédigé), et surtout un mémoire à avancer. Courage, c'est bientôt la fin !!!
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