jeudi 30 juin 2016

Spectacle et mots d'amour


Oui je sais, je n'ai pas écris la semaine dernière. Mais... comment dire. Entre le déménagement, la recherche d'appartement, les rencontres avec les banques, les devis, les recherches pour le voyage à Cuba, les évaluations à corriger et les livrets à remplir pour mes élèves, ma future classe qu'il faut organiser matériellement... Il ne me reste plus beaucoup de temps !!

La semaine dernière, nous sommes allé à A. pour voir un peu où habitaient nos camarades de la classe de M. avec qui nous avons correspondu. Me voilà donc réveillée à moins de 5h du matin, pour prendre deux trains, arriver 1h30 plus tard à S., pour poser mes affaires, monter dans un bus, faire 2h de trajet pour... revenir à A. ! Quel bonheur !

Pendant le trajet bien sûr, des élèves survoltés, avec des cris, des insultes qui fusent à un moment (un petit et très charmant "et ta mère elle s***") d'un élève dont j'ai rencontré la maman le matin-même pour lui expliquer que son fils chéri avait eu la bonne idée de tabasser une camarade en pleine classe ("oui mais il est tendu en ce moment..." - Ben voyons.).

Alice me demande si on va passer devant chez moi.
"Non ce n'est pas prévu !
- Mais pourquoi ?
- Parce que ce n'est pas sur le chemin, c'est grand A. tu sais...
- Tu nous donnera ton adresse alors ? Et ton numéro de téléphone ?
- Pourquoi faire ???
- Ben pour te parler quand tu sera plus là..."
Je rigole mais ne répond pas, elle oubliera peut-être...

Nous arrivons enfin à l'école de M., où ma collègue nous attend de pied ferme avec un troupeau d'élèves, visiblement excités de nous voir arriver. Nous les laissons profiter d'un peu de récréation avant de visiter l'école et de profiter d'un très beau goûter (table remplie de bonbons et gâteaux qui sont dévorés en 10min chrono).

Nous repartons en bus pour arriver à A. même et commencer notre visite. On commence par longer les bords du lac. Sur le chemin on rencontre d'autres classes, et nous voilà tous bien vigilants ; avec 50 élèves à trimbaler, il s'agirait de ne pas en échanger un avec une autre classe inconnue !

Nous nous promenons en essayant de garder les élèves ensemble et hors de danger (non il ne faut pas grimper sur le rebord, ni lancer sa bouteille d'eau pleine en l'air pour qu'elle ne retombe pas sur le nez du copain, ni monter sur le très haut poteau pour ne pas se casser la margoulette, ni.......). Evidemment, à chaque fois qu'un élève commence une bêtise, c'est un des miens... Ce qui me fait rire et me désespère à la fois !

Voilà bientôt une heure que nous sommes là et une des mamans s'approche de moi :
"Plus ça va, plus je suis admirative de votre métier...."
Voilà une remarque qui fait plaisir !

Nous nous posons finalement pour le pique-nique à l'ombre d'un grand arbre (puisqu'il doit faire pas loin de 30°C), après avoir répondu "bientôt" à 23 enfants différents demandant "c'est quand qu'on maaaaaange ????". Nous aurons bien essayé de les intéresser un peu sur le chemin en leur montrant les montagnes et en essayant de leur conter leurs histoires, mais les canetons ont remporté bien plus de succès que nos petites histoires...

Après le pique-nique, nous partons en balade dans un grand jardin. Deux groupes partent avec deux bénévoles qui nous racontent un peu l'histoire de ce beau jardin, nous donne des explications sur les plantes, les insectes, les animaux... Les élèves ont l'air conquis, et quittent avec grand regret le dernier arrêt situé autour d'une petite mare.

Il est déjà l'heure de repartir dans le bus et de retourner à l'école (et oui, c'est loin d'ici S. !). Je suis claquée, les élèves pas un chouya. Ils chantent et parlent toujours aussi fort, et je descend finalement du bus avec un mal de crâne carabiné !

Le temps de faire un topo sur la journée et nous repartons pour nous ranger dans le couloir et finalement rentrer chacun chez soi. N. a la gentillesse de me déposer et c'est tant mieux ; je suis crevée !

Le mardi quant à lui se passe sans encombre : évaluation de français ("maîtreeeeesse, c'est trop duuuuuur"). Je leur explique que je fais le bilan de tout ce qu'on a appris pour voir leur niveau avant de passer au CE2, et qu'il n'est pas la peine de venir me demander de l'aide, je veux qu'ils fassent ça seul ! Bien évidemment, il suffit que je dise ça pour que des élèves viennent toutes les deux minutes me dire "j'ai pas compris", "je me souviens plus" ou "comment on fais déjà ?".

L'après-midi c'est répétition pour le spectacle de fin d'année, qui se passe plutôt bien.



Ce qui nous amène à cette semaine !

Réveil à l'heure habituelle, routine habituelle, nous arrivons avec Nathan à la gare pour prendre nos trains respectifs. Lui monte dans le sien, je me retrouve donc seule dans une gare vide. Je lève le nez et cherche mon train.... Qui n'est pas affiché !!! Crotte et zut !
(évidemment, j'ai déjà acheté et composté mon billet sans regarder, habituée à trouver mon train...)

Je récupère donc ma valise et rentre au pas de course à l'appartement pour récupérer la voiture et aller jusque C. pour prendre le train qui m'emmène à S. Heureusement j'arrive juste à temps pour monter dans le train, et j'arrive sans problème à S. pour cette avant-dernière semaine.

Gros événement de cette semaine : le spectacle de fin d'année qui a lieu mardi soir !
Nous l'avons conçu en l'honneur du directeur qui part à la retraite cette année. Il n'a donc assisté à aucune des répétitions, et n'a jamais aidé à l'élaboration (on faisait ça le jour de sa décharge, il n'avait donc aucune raison d'être là !).

Nous attaquons donc une nouvelle répétition lundi après-midi (après une matinée évaluation de maths). Ca-ta-strophe. Les élèves ne savent plus quoi faire, ni quand, ils dorment ou s'excitent et bougent dans tous les sens, le bruit est tel qu'on entend à peine ceux qui parlent au micro... Bref, la cata ! Nous terminons cette journée dépitées ! Les filles décident donc de prévoir une nouvelle répétition demain matin, avant la première représentation servant de répétition générale, devant les maternelles.

Pour le moment, nous laissons nos élèves repartir, et E. me rejoint à l'école pour remplir quelques livrets d'évaluation avec nos appréciations. On découvre ensemble un petit mot laissé sur le tableau par Alice : "Je t'adore maîtresse". Ca donne le sourire !
Il ne nous reste que 10 livrets lorsque E. doit repartir, je les récupère donc et nous ferons ça au téléphone ce soir !

J'arrive à la maison d'Isabelle (E. me dépose gentiment en voiture) et j'ouvre doucement la porte d'entrée, car Isabelle m'a écrit par message qu'elle avait une nouvelle petite locataire... Qui m'accueille en miaulant tout ce qu'elle sait !

Je découvre donc son nouveau bébé chat, tout blanc, et affectueux comme tout ! Je n'ai qu'un regret : de ne pas avoir du tout le temps de jouer avec elle ce soir !!
Elle n'est pas d'accord du tout, et ne fait que miauler... Je crois que passer la journée seul, ce n'est pas drôle pour un bébé chat !

Isabelle rentre finalement, j'ai déjà terminé mes corrections d'évaluations de maths et j'ai presque tout rentré dans les fichiers bleus. Je termine finalement vers 9h du soir, pile le moment pour appeler E. et terminer nos appréciations.

Nous terminons vers 21h45. Je range mes affaires et me mets dans le lit avec l'ordinateur pour encore créer un document récapitulant l'ordre de passage des élèves acteurs du spectacle. Mes yeux se ferment tous seuls, je lutte tant que je peux... A 23h30, je ferme finalement l'ordinateur pour une nuit bien méritée.


Mardi matin, le grand jour est arrivé. Première répétition générale ce matin, qui nous rassure grandement ! Le spectacle s'enchaîne sans trop de problème, juste des petits ajustements. Ouf !

L'après-midi se passe bien aussi, sans trop de soucis. Les maternelles n'ont pas toujours tout compris, mais nous espérons que des spectateurs plus âgés arriveront à comprendre !

Les élèves repartent chez eux pour un court moment, le temps pour E. et moi de ranger les évaluations dans les fichiers bleus et d'agrafer les pages de notation. 17h30, nous retournons au gymnase pour accueillir les élèves et les installer. Les parents rentrent finalement à 18h. Enfin les parents.... les parents, beaux-parents, grands-parents, oncles, tantes, grands frères, grandes soeurs... Certains ne trouvent même pas de place pour s'asseoir !!

J'ai un petit coup de chaud en voyant tout ce monde...

Je repère la mère et la grand-mère d'Amar, assises devant, mais aussi son père, debout contre le mur en face. Je vais à sa rencontre pour lui dire qu'il reste une place assise derrière sa femme. Il me répond dans un sourire que c'est gentil de ma part mais qu'il va devoir partir en cours de route, et qu'il ne veut pas gêner tout le monde en partant. Il me demande au passage si je suis encore là l'an prochain. Je lui explique que non, que je suis affectée près de C. et que je ne serai donc plus des leur. Il me regarde l'air décomposé, et me dit qu'il en est sincèrement désolé et qu'il me regrettera, que c'est bien dommage, qu'il aurait aimé que je reste. Voilà qui fait très très plaisir !! Je lui souris et le remercie grandement, je lui dis que je prends ça comme un beau compliment !

Le spectacle commence finalement et se déroule, rythmé par les rires et les applaudissements. Quelques petits accrocs (que nous n'avons jamais vu pendant les répétitions, évidemment !), mais rien de bien méchant. Nous entamons finalement le chant final, une chanson réécrite pour dire au revoir au directeur, qu'il écoute en versant une larme. Tous les parents sont debout et tapent en rythme dans leurs mains, et nous applaudissent finalement avec force à la fin du chant. Le directeur prend le micro pour nous remercier et nous dire à quel point il est surpris, et à quel point il nous regrettera tous. Sa voix se déforme un peu, on sent l'émotion !

Finalement le gymnase se vide, quelques parents viennent nous féliciter et nous dire combien c'était réussi. Ca fait très plaisir !

Je ne tarde pas trop, je remballe quelques affaires et me voilà partir pour prendre le train de 19h46. Train qui, finalement, s'est transformé en bus... Il me faudra donc plus de 2h pour arriver à C., où je dois encore récupérer ma voiture pour rentrer à A. J'arrive, crevée, à 22h à l'appartement. Le temps de me doucher et au dodo...

1 commentaire:

  1. Courage, dernière semaine! Pour les sorties nous on leur met à tous un t-shirt vert pétant, à l'école des enfants ils leurs mettent une casquette jaune, ça aide bien mine de rien!

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