mardi 7 juin 2016
Le retour de la discipline
Retour à S. hier. Cette semaine, c'est en voiture car je vais rester toute la semaine pour pouvoir accompagner la classe à la piscine jeudi matin avec E. et visiter une classe spécialisée vendredi.
J'arrive donc vers 7h45 (après un long moment à 50 sur l'autoroute pour cause de travaux... à 10€ le trajet, ça fait plaisir !).
Lorsque les élèves arrivent et après les rituels habituels, je lance tout le monde sur du français, avec de nouveaux exercices sur le passé composé. Dur, très dur même... Les élèves se mélangent les pinceaux entre présent, futur et passé composé... Heureusement, E. est là et prend avec elle un groupe d'élèves en difficulté. Je garde quand même Romane et Orlane pour un tête à tête, et n'envoie que les élèves qui auraient besoin juste d'un peu de soutien ; ainsi je garde les bons et autonomes avec moi, qui seront alors capables de travailler pendant que je suis avec mes deux élèves les plus en difficulté.
A la récréation, E. me confirme que ça n'a pas été facile ! Je refuse donc de m'acharner ; il me reste 4 séances à faire, je ferai donc du renforcement sur le présent et le futur, ils reverront tranquillement le passé composé l'an prochain, l'esprit un peu plus libre (parce qu'on ne peut pas dire que ce soit non plus la meilleure période pour attaquer une notion aussi compliquée). Moi qui pensait que le CP était l'année la plus compliquée au niveau des apprentissages, je découvre qu'en réalité, au delà des débuts de l'addition/soustraction, tout est focalisé sur la lecture. Le CE1 marque en fait tellement d'apprentissages ; révision de l'addition et soustraction sans retenue, apprentissage de l'addition et de la soustraction avec retenue à 2, puis 3 chiffres, multiplication et début de division, nom, déterminant, verbe, nature des mots, adjectif, accords en genre et en nombre, sons complexes, conjugaison au présent, au passé, au futur, synonymes, antonymes, classement alphabétique....
Nous arrivons donc au bout d'une année très très chargée !
Au retour de la récréation, je les emmène dans la salle de musique. Là, j'y ai installé des jouets, dans plusieurs coins ; des Barbie, des poupées avec de la dinette, des dinosaures, un jeu de voitures, deux puzzles, un jeu de construction et des Playmobils.
Comme nous sommes en plein débat sur la différence entre filles et garçons, j'ai voulu leur faire prendre conscience de l'impossibilité de garder des clichés du type "jeu de fille/garçon", en m'inspirant de la publicité U pour leur catalogue de Noël.
Je les ai donc laissé jouer librement, en leur demandant au bout de 10min de changer de jeux, afin que les élèves tournent un peu. Pendant ce temps, je les prends en photo dès que je vois des filles jouer à des "jeux de garçons", ou des garçons jouer à des "jeux de filles".
Ma grosse peur évidemment était de ne pas pouvoir faire ce genre de photos, avec des filles qui ne jouent qu'à la poupée et des garçons qu'aux voitures. Mais heureusement, avec un petit coup de pouce parfois je dois l'avouer, je finis par avoir ce que je veux !
Nous terminons là-dessus, dans un bazar ambiant. Je préfère couper court à l'activité par peur de les exciter toujours plus. Nous passons donc par la classe pour noter les devoirs et redescendre en pression avant de sortir pour midi.
Après l'APC et le déjeuner avec les collègues, je retrouve mes élèves. J'avais prévu d'entamer le débat sur l'expérience faite le matin-même, mais voilà... Je les fais rentrer dans le couloir, et évidemment des élèves viennent me voir pour régler des problèmes (habituel, nous perdons chaque jour au minimum 5min, parfois 15 à régler les soucis). Je laisse donc mes élèves seuls dans le couloir pendant que je parle au bout, derrière la porte vitrée. Le temps de régler les petits soucis (5min tout au plus), je rentre et je trouve des élèves déchaînés dans le couloir, un brouhaha ambiant et une excitation générale. Je leur lance un premier "Vous êtes seuls", signal habituel pour leur signifier qu'ils sont seuls dans le couloir et que seul le silence devrait régner (quand les CE2 sont là, impossible de demander le silence puisqu'eux ne sont pas silencieux). Aucune réaction.
Je lance un premier cri. Aucune réaction.
Deuxième. Rien.
Là, je m'énerve. Je crie un bon coup et tout le monde se retourne. Je leur crie qu'il est inadmissible que j'ai besoin de crier ainsi pour avoir le silence, que je devrais normalement avoir immédiatement, et encore plus inadmissible qu'il me faille 4 rappels à l'ordre pour obtenir le calme et le silence. Ras-le-bol, pas d'EMC, nous rentrons dans le silence le plus total et les élèves me cherchent dans le dictionnaire et me copient deux fois la définition du silence. Radical, je me retrouve dans une classe silencieuse. Certains trouvent tout de même encore le moyen de râler parce que les dictionnaires sont différents et que du coup tout le monde n'a pas autant à copier. "C'est comme ça". Non mais !
Quelques uns tentent de parler, je leur donne des copies supplémentaires et les voilà qui s'arrêtent rapidement. Killian vient me voir à 4 reprises pour me dire qu'il n'y arrive pas, habitué à ce que je réduise la tâche pour lui. Hors de question, je lui réponds sèchement qu'il s'agit simplement de copier, qu'il n'y a rien de plus simple, et qu'il fera ses deux fois comme tout le monde.
Lorsqu'ils ont terminé leur copie, je leur distribue les lettres des élèves de la classe de CE1 d'A. ; chacun reçoit une lettre et doit y répondre en me faisant vérifier. Certains essayent d'en profiter pour papoter et récoltent à nouveau de la copie, alors qu'ils avaient terminé. Tant pis !
Au retour de la récréation, nous continuons dans la même ambiance. Je stoppe immédiatement tout débordement, agacé et fatigué de leurs habitudes. Je me rends compte que je n'ai pas été assez stricte en début d'année, et qu'ils en profitent largement avec moi. Mais ça suffit, je ne vais pas me battre toutes les semaines. E. me dit qu'il faut bien que j'aille au bout de mes punitions, au risque de ne plus être crédible dans mes menaces. Pas de soucis, la leçon est apprise !
Les élèves repartent de l'école (presque en retard), et E. et moi attaquons une petite réunion avec la maman de Jade, inquiète du niveau scolaire de sa fille. Nous la rassurons ; Jade est une élève très intelligente et tout à fait capable, mais elle a un gros problème de confiance en elle et a besoin d'être rassurée en permanence, alors qu'elle connaît la réponse et qu'elle fait juste les trois quart du temps. La maman acquiesce et nous dit qu'elle l'a déjà remarqué, mais qu'elle ne sait pas quoi faire, si jamais nous avons des idées. Nous lui suggérons simplement de la féliciter au maximum, de l'encourager sans arrêt pour lui faire percevoir ses capacités, la rassurer au maximum tout en essayant de la rendre plus autonome, en l'impliquant dans les tâches de la maison par exemple (histoire d'être "comme un grand"). On explique aussi à Jade que si nous ne sommes pas toujours là auprès d'elle, c'est justement parce que nous la connaissons très bien et que nous avons assez confiance en elle pour savoir qu'elle y arrivera seule, sans problème. Qu'il faut qu'elle essaye de faire un peu seule avant de demander de l'aide, même à la maison, et que cela sera d'autant plus valorisant pour elle de se dire qu'elle n'a pas demandé d'aide et qu'elle a fait juste quand même.
Nous terminons rapidement la réunion et filons ensemble à une autre (la maman de Jade est parent d'élèves) ; celle pour le départ à la retraite du directeur. Discussions auxquelles je prends peu part, étant la personne qui le connaît le moins au final, et qui a le moins son mot à dire !
Nous quittons la réunion à presque 18h et je peux enfin rentrer pour travailler encore un peu et me coucher au plus tôt ; je suis crevée !
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Ach so, das retour de la discipline, donerwetter ! Za y est, nous retrouvons la Marie que nous connaissons. Vas-y, mords-leur l’œil !
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