Réveil, douche, marche, petit-dej, préparation de la classe ; la routine reprend au pas de course.
Et les élèves arrivent à suivre jusque là : on enchaîne deux pages de français, puis une séance de mathématiques après la récréation. On reprend les exercices sur les dizaines et unités de la veille, on essaye de bien comprendre comment tout cela fonctionne, j'essaye d'amener quelques automatismes.
A midi je corrige les fichiers et les feuilles de maths. Le gros de la classe a bien compris les dizaines et unités, mais 6 élèves sont encore perdus comme jamais... Dur dur pour eux de comprendre que 36 peut être décomposer comme 30 + 6 ou comme 3 dizaines et 6 unités (certains notent 30 dizaines, d'autres notent 3 + 6). J'espère avoir le temps de les prendre en petits groupes pour essayer de débloquer les derniers soucis, même si j'ai déjà trouvé un jeu de cartes que je compte leur faire faire à répétitions pendant leur temps d'autonomie.
Je ne traîne pas dans mes fiches, je termine ça rapidement puisqu'il faut que je prépare l'activité de l'après-midi... arts plastiques !
Sans les erreurs de la dernière fois : cette fois je prépare la classe. J'ai jeté les pots de peintures vides et séchés, sélectionné les couleurs dont on aurait besoin, préparé les tables (un pinceau en face de chaque place, des pots vides à remplir de peinture au centre des tables), préparé un tablier chacun (ou presque, il en manque encore deux mais tant pis, on fera avec, c'est bien plus gérable que la dernière fois).
Avant de partir de la salle, je préviens les élèves que le premier qui parlera dans le couloir en montant ne fera rien et s’assiéra tout le temps de l'art visuel. Ca fonctionne, parfait. Arrivés en haut j'arrête tout le monde et je divise les élèves en deux groupes : ceux qui souhaitent faire des peintures plutôt "joyeuses" (représenter la joie, l'amour, l'amitié...) et ceux qui souhaitent peindre plutôt des sentiments "sombres" (colère, tristesse, ennui...) pour verser la peinture adéquate dans les pots au centre des tables. Une fois les deux groupes formés, je place les élèves : un garçon, une fille, un garçon, une fille...
Et ça fonctionne ! J'implique même les deux élèves qui attendent pour peindre, qui s'occupent de remplir les pots pour l'eau et changer l'eau au fur et à mesure (et ils s'impliquent à fond, ils ont l'air très fiers d'avoir cette responsabilité !). Tout le monde se met à sa peinture, certaines sont exactement ce que j'attendais, je suis très contente de leurs réalisations !
Evidemment, la bonne petite classe ne reste pas parfaite bien longtemps... Les élèves terminent les uns après les autres, mais évidemment d'autres n'ont pas terminé. Ce sont donc 3, puis 5, puis 1à, puis 18, puis 24 élèves qui attendent "patiemment" le long du mur le temps que chacun termine. Le bruit s'installe, Gabriel commence à pleurer parce que Julian s'est assis sur ses jambes et que ça lui a fait mal, Céline et Jeanne disparaissent dans un coin, sans manquer de faire de petits bruits de rires étouffés.Joriss s'allonge par terre, jambes en l'air, Patrick laisse tomber un pot en verre au fond de l'évier, qui se brise en mille morceaux, Amar me crie de l'autre côté de la pièce qu'il finit son dessin mais qu'il ne sait pas ce qu'il a dessiné... J'enlève les mains de Patrick de l'évier et je mets tout le monde dehors à la seconde où Amar pose son pinceau. Tout le monde en récréation et que ça saute !
Pendant ce temps je range et nettoie la salle d'arts visuels et mets à sécher les oeuvres de toute la classe. Je prépare la classe pour la suite, je range mes affaires pour partir vite ce soir. Les élèves reviennent de récréation, mais voilà, je les ai complètement perdus...
La séance de découverte du monde est vraiment difficile à faire, les élèves discutent, je termine la séance tant bien que mal. Je crie une dernière fois pour pouvoir avoir le silence le temps d'appeler ceux qui vont en périscolaire. Chacun repart, je prends mes affaires, et je me dépêche de partir à la gare.
Bus, train, train et me voilà chez moi. Je pose ma valise et je souffle... enfin les vacances ! Ce métier est extra, mais heureusement qu'il y a quelques vacances pour sortir sa tête de tout ça...
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