mercredi 4 novembre 2015

Encore un peu de feuilles mortes ?

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Réveil un peu matinal pour un mardi matin, mais du travail m'attend...

Arrivée dans ma salle, je souris : quel plaisir de la voir ainsi ! J'aurais encore changé quelques petites choses mais tant pis, je ne suis pas chez moi...

Tout s'accélère et déjà il est l'heure. E. passe la tête par la porte : encore là aujourd'hui, super !

Les élèves rentrent en classe et nous prenons encore un temps de révisions, histoire de se mettre à jour après ces deux semaines de vacances. J'en profite pour insérer une nouvelle habitude : 7 mots à apprendre chaque semaine, comme ils le souhaitent (d'une traite ou un par jour par exemple). Je distribue un petit mot à coller dans le cahier de liaison pour prévenir les parents et explique un peu le fonctionnement aux élèves. Dans l'idée : une dictée chaque lundi matin et le cahier du jour à corriger chaque lundi soir !

On attaque avec une dictée d'ailleurs, mais dictée de chiffres écrits pour le moment. Rapidement je remarque quelques regards tournés vers le mur de droite où sont affichés tous les chiffres écrits de dix à 100 ! Vite, tout le monde se retourne dans l'autre sens pour le reste de la dictée, pendant que je reste collée au mur de droite pour vérifier qu'aucune tête ne se retourne discrètement. J'entends quelques "trop faciiiiiile". Moui, on verra...

On pose les cahiers, on sors le fichier de français et on attaque la journée. J'explique les consignes une fois et je demande si quelqu'un a une question. Cylian : "moi j'ai pas compris l'exercice 2 !". Je réexplique l'exercice 2. Patrick : "moi j'ai pas compris l'exercice 1 !". Bien. Je réexplique l'exercice 1. Thomas : "moi j'ai pas compris l'exercice 3 !". Hum. Je réexplique l'exercice 3. Cyril : "mais en fait j'ai toujours pas compris l'exercice 2....".
Irritée mais n'en laissant rien paraître, je leur explique à nouveau les 3 exercices en leur disant bien que c'est la dernière fois !

Tout le monde se lance dans les exercices, Romane, Orlane et Killian retrouvent E. pour faire leur page. Le silence s'installe à nouveau, chacun se met en activités, même si Joriss ne peut s'empêcher de se tortiller sur sa chaise, Ali de se retourner toutes les trente secondes, Amar de regarder le plafond 4 fois par minute, Cyril de papoter avec Léa et Gabriel de donner les réponses à Jade...

Malgré tout cela, j'arrive à rester un peu à mon bureau en les rappelant à l'ordre régulièrement, ce qui me permet de préparer des papiers à distribuer pour une vente de chocolats pour la PEEP.

Les exercices terminés, tout le monde sort en récréation. La grande bataille depuis la rentrée ? Qui aura le plus gros tas de feuilles mortes ! Les enfants essayent de les rassembler malgré le vent, les mettent dans un coin, s'allongent devant pour les protéger, se les piquent entre eux et viennent pleurer que machin a mis un coup de pied dans leur tas et que truc n'arrête pas de venir les embêter juste pour les faire partir et leur piquer des feuilles !

Gros soupir... C. me dit que l'an dernier c'était la même guerre avec les marrons (cette année le marronnier a été coupé), et que bientôt ce sera avec la neige ! Décidément, ce n'est pas la coopération qui règne dans cette cour d'école !
Je finis même par aller me poser en face de l'entrée pour virer définitivement les enfants du préau où ils gardent leur tas de feuilles (puisque leur dire une fois, ou deux, ou trois de sortir de là ne suffit pas...). Ils me regardent un peu surpris, restent un peu dans les environs en me regardant en coin ("mais elle va vraiment rester là ???").

La cloche sonne la fin de la récréation, tout le monde rentre. On se met au mathématiques (une fois que j'ai expliqué les consignes deux fois...), et tout le monde travaille bien sagement. Il est déjà 11h35, les enfants sortent et moi je prend portefeuille et manteau pour aller m'acheter à manger au Carrefour d'à côté.

Quand je reviens, il est presque midi, mais impossible de se dégager du temps pour manger avec midi et demi ! Je corrige les cahiers du jour pendant qu'E. prépare les affichages pour l'inspection. Je me désole ; seulement 4 cahiers sans aucune faute pour des mots appris et révisés pendant chaque semaine pendant plus d'un mois... C'est un peu frustrant, on se demande comment arriver à leur apprendre ! Ils devront donc réécrire les mots plusieurs fois pour essayer de les apprendre à nouveau, et j'ajouterai un chiffre ou deux à la dictée hebdomadaire. A la fin de l'année, quelque chose devrait rester !

A peine le temps de manger qu'il faut déjà courir à nouveau et finalement accueillir des élèves surexcités ! Ca se bouscule, ça crie, ça chahute... On finit par rentrer en classe avec le petit rituel mathématiques (l'élève peut rentrer s'il répond correctement au calcul que je lui donne), que je ferais seulement à moitié puisqu'une fois la moitié des élèves passés, Joriss arrive en pleurs... Je demande à tout le monde de rentrer et je vois ce qu'il s'est passé. Apparemment, Amar et Ali l'ont poussé. Je leur demande si c'est vrai "naaaaaaaaaaaaaaan". Mouimoui...

Ce qui est très, très pénible dans cette école, c'est que 9 fois sur 10, un élève vient se plaindre, et l'autre nous jure qu'il ne s'est absolument rien passé. Un peu louche...

Je fais alors un petit rappel sur le fait que le mensonge ne sert à rien, et que j'attends d'eux qu'ils soient honnêtes. Pas sûr que ça prenne (même à peu près sûre que non mais bon)...

On se lance dans une rapide séance de découverte du monde avant le cours de musique. E. vient les chercher et s'en occupe, ce qui me permet de corriger les fichiers de maths et de français (ouf !). Les élèves reviennent, juste le temps de noter les devoirs dans un brouahaha impressionnant !

Ils finissent par sortir en récréation (pour se défouler hein ?) et me reviennent... tout aussi excités...
En rentrant en classe j'alpague certains qui ne sont pas dans le rang. Il se trouve en fait qu'apparemment Cylian aurait embêté Julie avec d'autres garçons. Gabriel vient me voir ; Romain a distribué un sachet de bonbon à chacun pour son anniversaire mais il me dit qu'il n'a pu en manger aucun car les grands lui ont dit de donner ses bonbons sinon quoi il n'aurait pas le droit de jouer au foot avec eux. Pardon ?

Je règle ça avec leur maîtresse, qui convoque les garçons pendant que l'on rentre en classe. Gabriel revient, je lui donne mon sachet de bonbons et prend un temps pour expliquer aux élèves que ce genre de choses ne doit pas se passer, que ce n'est pas normal et qu'il faut venir nous voir immédiatement si cela se produit.

Du coup les élèves se lancent sur d'autres soucis. Julie me raconte qu'on l'a embêté, j'essaye de régler ça avec les garçons. Ils me jurent que non (comme d'habitude), je demande si quelqu'un d'autre a vu l'action. Patrick me dit que oui, qu'il était là. J'essaye alors de leur faire comprendre qu'ils ne peuvent pas se plaindre de quelque chose qui leur a été raconté mais que s'ils ont vu quelque chose, vécu quelque chose, alors ils doivent effectivement venir me voir. Que si personne n'a rien vu, ce sera parole contre parole mais que si quelqu'un d'autre l'a vu, il est clair que quelque chose s'est bien passé...

Cylian  me répond avec désinvolture et insolence, il se moque de sa camarade et l'envoie balader devant toute la classe. Je lui demande d'arrêter deux fois mais aucune amélioration dans son comportement, il commence même à l'imiter pendant qu'elle essaye de s'expliquer, la voix tremblante. Je pique une petite colère en lui disant que je n'accepte pas ce genre de comportement, qu'il est hors de question qu'il me réponde ainsi et qu'il soit insolent comme ça avec moi et ses camarades dans ma classe. Je l'envoie s'asseoir au fond de la classe, puisqu'il continue.

Mais Cylian, sous ses airs de grand caïd, déteste se faire gronder. Une fois qu'il a fait le malin devant les copains, le voilà en pleurs...
Je le sors pour m'expliquer sur le pas de la porte avec lui. Il me raconte que Julie est sa voisine, et que comme elle l'embête souvent, son père lui a dit de se défendre si elle l'embête (chouette philosophie, merci monsieur !). Je vois qu'il est surtout contrarié de s'être fait grondé, on essaye d'en parler. Je lui explique doucement que ce n'est pas en tapant qu'on règle ses problèmes, et qu'il ne peut pas s'attendre à ce que je ne dise rien si une camarade vient se plaindre de lui presque en pleurs... Il finit par sécher ses larmes et me faire un petit sourire timide. On rentre en classe ; les autres sont bientôt prêts à monter sur les tables...

J'avais prévu une séance de français mais le temps a déjà passé au fil des discussions, et vu l'état d'excitation de la classe, il est clair que je n'arriverais pas à les mettre au travail... Je décide de faire une petite séance de relaxation, histoire de se recentrer un peu et de redescendre en pression. Les élèves ont l'air d'apprécier, de se calmer.

A la fin je prends un livre pour faire une lecture offerte, afin de finir la journée tranquillement. Joriss est encore complètement survolté, ainsi qu'Amar (et ils sont, évidemment, l'un derrière l'autre). Du coup la classe éclate de rire à chacune de leur blague et de leur remarque, les incitent à faire bêtise sur bêtise, ce qu'ils font avec délice. Cyril essaye en vain de demander à ses camarades de se calmer "parce que c'est pénible à la fin !".

Ils finissent par sortir en trombe. Je croise E. qui me dit qu'elle les a trouvé très excités en musique. Ha donc ce n'est pas que moi alors ??? Elle me confie au passage "je n'arrive pas à me dire que je vais les avoir demain, j'espère qu'ils seront plus calmes...". Je lui lance un bonne chance dans un sourire avant de filer ranger mes affaires et de courir à la gare.

Les trajets s'enchaînent et je passe finalement le pas de la porte à 19h30. Tout comme hier soir, impossible de me mettre au travail ce soir, tant pis. Je prend un bol de soupe et je me mets devant la télé. Demain, pas de cours, ce sera un peu plus calme...

Au moment où j'écris ce texte, je me décide à relancer ma professeur d'anglais pour cette histoire de stage pendant les vacances de février. Je lui explique que si jamais elle a des places dans l'Utah (mon premier choix) mais plus de familles d'accueil disponibles, je pourrais me trouver un logement personnel s'il le faut.
Réponse 10 minutes plus tard : je pars pour l'Utah !!!

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