lundi 23 novembre 2015
A trois semaines des vacances de Noël, et à une du mois de Décembre
Un lundi matin qui commence comme les autres ou presque ; arrivée à S., un froid mordant me gèle le visage et les cuisses. Je tremble comme une feuille à la sortie de mon wagon bien chaud, et j'accélère le pas pour vite retrouver un intérieur chauffé.
Vite, je me fais un cappuccino pour finir de me réchauffer et je commence ma journée. Impressions diverses et préparation, l'heure tourne et très vite les élèves arrivent. Mon bureau est déjà sans dessus-dessous (oui, je m'étale quand je suis pressée par le temps), et j'ai déjà une bonne journée qui s'annonce : cours jusqu'à 11h35, puis APC jusqu'à 12h05, puis rendez-vous avec les parents de Gabriel, cours cet après-midi jusqu'à 16h35, puis rendez-vous avec les parents de Céline, et enfin préparation de la journée d'inspection de demain...
Tout le monde rentre (plus ou moins en silence). Je prends le temps de réexpliquer les règles de vie suite à des manquements de comportement qui ont eu lieu vendredi dernier. On se rappelle ce que c'est que de bien se tenir, d'être dans une position de travail, de pourquoi il faut être silencieux quand on travaille...
Il faut croire que ça les a fait réfléchir puisque chacun se met au travail dans un silence absolument parfait. Même durant le travail en autonomie, quelques élèves hausse parfois un peu le ton mais de manière générale le silence s'installe... Que c'est agréable !
J'en profite au passage pour tester quelques techniques de management de classe que j'ai trouvé sur internet et qui semble faire leurs preuves sur Joriss. Je les félicite et leur accorde une barre verte pour leur bon travail et leur bonne tenue exceptionnelle.
Avant de sortir en récréation, je projette le mot du jour. Chaque semaine, les élèves ont 4 mots à apprendre. A raison d'un mot par jour (le mercredi et le jeudi étant des demi-journées, nous les comptons comme une journée entière), les élèves apprennent tous les mots une première fois en classe et doivent les réviser chez eux le soir et le week-end pour la dictée du lundi matin.
Nous avions commencé avec 7 mots par semaine sans premier apprentissage en classe, ce qui s'est avéré être une petite cata au niveau des résultats...
Du coup j'ai récupéré les cartes dont je me servais comme jeu d'autonomie, je les ai scanné, et voilà une première approche toute faite !
Sur ces cartes se trouvent des mots de vocabulaire (ou mots invariables), accompagnés d'une petite histoire et dont certaines lettres sont illustrées. Derrière chaque carte, 6 à 8 questions qui permettent d'utiliser cette histoire et ces dessins pour mémoriser l'orthographe des mots. Les enfants adorent !
(vous pouvez voir un exemple ci-dessus)
Une fois que le mot du jour a été découvert, tout le monde se rue dans la cour de récréation. Il faut par contre plusieurs poignées de minutes à Jade et à Théo pour se rhabiller (oui, ils avaient mis le bas de combinaison de ski avec les bottes, mais ont du retirer le pantalon pour ne pas mourir de chaud dans la classe...). Je crains qu'on ne perde encore un peu beaucoup de temps cet hiver !
Au retour de récréation, c'est italien dans une ambiance un peu moins studieuse, mais sans trop de bazar à mon goût. On redescend bien vite (ce moment passe à une allure folle !) et le troupeau part manger pendant que Thomas, Léo, Jade, Amar et moi repartons en classe pour l'APC.
Antar nous a effectivement rejoint cette semaine pour apprendre à faire de "vrais" E (qui ressemble un peu à des R pour le moment...). De gros gros gros progrès pour Amar qui, à mon avis, va repartir d'APC aussi vite qu'il y sera venu, et de beaux progrès encore pour Léo et Thomas (ça fait vraiment plaisir quand on voit d'où ils sont partis !).
L'heure tourne et tout le monde repart et laisse place à Gabriel, sa petite soeur et ses parents. Gabriel n'était pas là ce matin (malade selon le directeur), et les parents avaient pris rendez-vous la semaine passée pour parler "de futurs changements". Je me demandais de quoi il pouvait choisir, mais il s'agit simplement d'un déménagement. Enfin simplement... évidemment Gabriel subit ça comme il peut, mais les parents en ont bien conscience et essaye de l'accompagner. On en parle un peu mais le sujet change vite.
En effet, la maman me confie qu'ils sont allés voir le médecin ce matin et que Gabriel n'était pas malade (bien qu'il ait vomi pendant la nuit). Il se trouve en fait que Gabriel a obtenu deux croix mercredi dernier, et deux nouvelles vendredi. Comme nous sommes passés de trois croix d'avertissement à deux, le voilà donc dans le rouge en fin de semaine. Résultat : un mot dans le carnet et quelques lignes à écrire sur son comportement, et donc, forcément, des parents prévenus !
Sauf que Gabriel a omis de dire à ses parents les petites croix qu'il a obtenu au fil de la semaine... Les parents découvrent donc plus que surpris le mot dans le carnet vendredi soir ! Surprise d'autant plus grande qu'ils demandent chaque soir des nouvelles (est-ce que tu as eu des croix ? Est-ce que ça s'est bien passé aujourd'hui ? Est-ce que tu t'es fait grondé ?), et que Gabriel leur dit gentiment que tout va bien... Mais voilà, Gabriel a visiblement des parents très biens (sisi, vraiment, ça fait plaisir de voir qu'il reçoit une telle éducation !), qui ne supportent pas le mensonge !
Du coup, Gabriel se fait gronder comme jamais, doit copier cent fois qu'il doit respecter les règles de l'école et celles de la maison (le nombre a été choisi par les parents hein), et se met dans tous ses états à l'idée de devoir raconter tout ça à la maîtresse le lundi matin...!
Une grande discussion du coup, où la maman met les choses au clair avec Gabriel, et nous aussi. On lui explique qu'on sait qu'il a beaucoup de choses à raconter, et qu'il connaît les réponses, mais qu'il ne peut pas prendre la parole sans lever le doigt ou à la place des camarades, car si chacun faisait ça ce serait le chaos... Qu'on ne l'interroge pas parfois alors qu'on sait qu'il connaît la réponse, mais que c'est pour pousser un peu certains élèves qui ont plus de mal que lui et qui ont besoin d'être encouragés quand ils connaissent la réponse (pour une fois).
Il semble comprendre, hoche la tête. Il finit par lâcher quelques mots et discuter un peu avec nous, et me regarde fixement avec de grands yeux. Son regard me fait fondre, je n'ai qu'une envie : le prendre dans mes bras !
Le rendez-vous se finit, je demande à Gabriel si ça va (pour la vingtième fois), il me sourit et hoche la tête. La petite famille repart et nous pouvons (enfin) manger avec E.
Juste le temps de manger et il est déjà 13h. Je file en classe pour corriger les fichiers de français pendant qu'E. me donne un coup de main et corrige la dictée sur les cahiers du jour. A peine le temps d'en faire la moitié chacune que la cloche sonne. On ferme tout et on file récupérer les élèves.
Début d'après-midi, je tente le travail en groupes pour une nouvelle séance de découverte du monde sur le thème de la croissance des plantes.
Malgré mes appréhensions, le système fonctionne bien ! (même s'il faut répéter quatre fois la consigne pour que TOUS les groupes comprennent qu'il ne faut écrire que sur UNE SEULE feuille pour ne pas avoir à tout effacer sur chaque feuille si c'est faux...).
A nouveau on se retrouve en collectif pour la correction et la leçon. Une fois terminée, la fiche doit se ranger... dans le classeur. Ma hantise !
J'en profite : je fais sortir les dernières feuilles à y ranger pour les perforer et je demande à chacun de ranger leurs feuilles après la dernière feuille verte qu'ils trouvent dans leur classeur. En effet, les élèves n'ont pas d'intercalaires mais une couleur par matière : toutes les fiches sur le temps sont imprimées sur fond rose, celle sur l'espace sur fond bleu, celles sur la matière en jaune et celles sur le vivant en vert. Sauf qu'évidemment des feuilles roses se perdent entre deux vertes, certaines sont blanches et se retrouvent perdues au milieu de toutes ces couleurs, d'autres n'ont tout simplement jamais été rangées et sont simplement calées à la fin du classeur, à peine tenues par les anneaux...
C'est décidé, ce soir je range leur classeur ! Je demande à chacun de le déposer sur mon bureau, et on verra bien ce que j'arrive à faire dans la soirée.
Après la récréation, on prend un temps pour faire des mathématiques dans un calme assez discutable (fin de journée oblige), et la fin de journée arrive à toute allure.
Les enfants à peine partie, la maman de Céline s'avance pour me serrer la main. C'est parti, c'est ma journée ! Il s'agit simplement d'une mise au point, savoir comment ça se passe en classe, comprendre un peu le fonctionnement des devoirs et des règles de classe. Je la rassure bien vite : Céline fait partie de la tête de classe, elle travaille très bien et je n'ai aucun souci avec elle. Un peu de bavardages peut-être, et encore, c'est à cause de son voisin qui ne tient pas en place.
Nous nous disons finalement au revoir à 17h passés, et je m'installe tout de suite à mon bureau pour commencer mon rangement de classeurs. Pour les 27, je mets des intercalaires que je nomme, et je trie toutes les feuilles présentes et rangées n'importe comment. A 19h, je termine enfin...
La femme de ménage me demande dans un sourire si je vais finir par dormir sur place. Je lui réponds que j'espère bien que non ! Elle s'en va (première fois que je la vois partir avant moi, c'est un peu déprimant...), pendant que je m'occupe de préparer mon tableau pour le lendemain. Quelques minutes plus tard, le tableau est prêt et je peux corriger les fichiers de mathématiques que je n'ai pas encore eu le temps de toucher.
Il est finalement 19h45 quand je sors de l'école ! Je sors dans un froid glacial, crevée et pas bien motivée par cette marche de 15 minutes et l'idée du travail qui m'attend encore à la maison. Quand j'arrive enfin, mes cuisses sont rougies par le froid, et mes doigts sont gelés. Je sors mes affaires et me fait chauffer un petit quelque chose. Il faut encore modifier mon cahier journal de demain et vérifier quelques préparations pour l'inspection. Encore un mail ou deux et c'est bon, je peux me poser devant la télé pour écrire.
Et voilà, il est 22h30... Isabelle monte se coucher et je vais vite filer me brosser les dents pour me glisser sous des couvertures bien chaudes. Demain, la journée sera encore bien chargée !
Juste un petit mot pour dire : pardon tout d'abord si vous trouvez des fautes d'orthographe, mais j'écris souvent (quasi tout le temps) mes textes le soir, après une journée plus que chargée qui a commencé à 5h du matin, et je ne prends donc jamais le temps de me relire... J'écris et je poste !
Aussi pour dire pardon de ne pas avoir écrit mardi dernier, mais certaines journées sont parfois un peu banales, et je ne veux pas écrire pour dire "on a fait du français et des maths et voilà". Il se peut donc que je n'écrive pas après certaines journées qui ne méritent peut-être pas d'être écrites ni lues !
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C'est toujours un plaisir de te lire, mais fais comme tu peux Ca te fait de bonnes journées, je peux comprendre que tu n'ais que l'envie de dormir le soir !
RépondreSupprimerNon mais en vrai ça fait du bien d'écrire, de dire un peu des choses pour ne pas les garder et de partager un peu tout ça. Et puis j'essaye d'écrire dans la foulée quand les souvenirs sont encore frais. Et ça me fait des souvenirs à moi aussi !
SupprimerMais oui, il est possible que certaines fois le texte vienne le lendemain !