jeudi 10 mars 2016

Inspection finale et refus d'orientation



Il est 6h, le réveil sonne et pas le temps de traîner, aujourd’hui, c’est inspection !

Arrivée à l’école je prépare ma journée, je cours de partout pour tenter de terminer ça à temps, avant qu’A. n’arrive. Elle passe finalement la tête par la porte vers 8h, ce qui me laisse une demi-heure pour aller lui faire impressions et photocopies de mes préparations.

J’accueille les élèves et nous commençons ensemble une séance de français. A. était inquiète que je ne pense que le métier de professeur des écoles ne soit que de faire des pages de fichiers, et elle voulait donc, pour sa dernière visite, voir une séance que j’aurai créée moi-même de A à Z.

Nous attaquons donc une séance sur la conjugaison du verbe Aller (qui n’est pas abordée dans le fichier). Je commence par leur redemander comment trouver un verbe dans une phrase conjuguée (plusieurs fois, afin que chacun entende bien), avant de leur distribuer un petit dialogue que j’ai créé, qui parle de la sortie scolaire de la semaine dernière avec des phrases ne contenant que le verbe Aller. 

Ils doivent donc se mettre avec leur partenaire pour essayer de retrouver tous les verbes du texte.
Une fois que c'est fait, nous faisons une mise en commun : je souligne les verbes trouvés au tableau et j'ajoute en fin de phrase une étiquette déplaçable avec le verbe conjugué écrit.

Puis nous faisons rappel sur ce qu'est un pronom et comment le retrouver dans un texte, et je les lance sur la recherche de pronoms dans le texte. Mise en commun à nouveau et nous entourons tous les pronoms au tableau.

Je leur demande s'ils ne remarquent pas quelque chose de commun à tous ces verbes conjugués. Je leur explique que je n'ai utilisé qu'un seul verbe ici, à eux de retrouver l'infinitif ! Amar retrouve effectivement le verbe ALLER, et nous pouvons le conjuguer ensemble !

Je le note en gros sur le tableau de droite, je réécris la liste des pronoms et des élèves viennent déplacer les étiquettes avec le verbe conjugué pour les placer en face du bon pronom et ainsi recréer la conjugaison du verbe ALLER.

Nous arrivons au bout de la séance, ils collent la leçon et récitent à leur partenaire, si possible sans regarder, la conjugaison du verbe ALLER.

Et là je regarde l'heure : évidemment, il n'est que 9h30 !

Aucun souci, j'avais prévu le coup, nous continuons donc l'histoire que nous sommes en train d'écrire avec les mots de vocabulaire de la semaine. Pleins d'idées, et nous commençons à toucher du doigt qu'une histoire n'est pas qu'un ensemble de phrases les unes à la suite des autres mais un aussi un événement qui vient perturber l'action, et qu'il nous faut donc un événement à notre histoire !

Nous finissons d'écrire notre histoire et tout le monde sort en récréation. Après la récréation, c'est EMC dans la salle de musique. Les élèves s'installent et nous commençons la séance d'aujourd'hui avec la question "comment savoir que nos copains nous aiment ?". Pas mal d'idées, mais des élèves qui ont du mal à tenir car nous avons passé la matinée à l'oral, et là, c'est de trop...!
Je les tiens quand même jusqu'au bout et nous écrivons une conclusion avant de partir pour la pause de midi.

Avant d'aller manger, c'est débriefing avec A. sur cette (dernière) matinée d'inspection.

Les points positifs :
Je suis ferme et bienveillante, je sais contenir ma classe sans élever la voix et me faire respecter rapidement pour retrouver le calme et l'attention.
Elle a beaucoup aimé ma séance de français et est très rassurée sur ma capacité à créer une séance et non à faire une page de fichier. Elle a trouvé beaucoup de points positifs à cette séance, et peu de points négatifs (juste le fait que j'ai donné plusieurs consignes à la fois à un moment, et le fait que les élèves aient dû écrire la leçon au lieu de leur donner déjà toute faite).
Elle a bien aimé aussi ma séance d'écriture mais il faut que je fasse attention à ne pas vouloir imposer mes idées (j'avais demandé aux élèves de développer un peu plus une partie).

Les points négatifs :
Elle a détesté ma séance d'EMC ! Elle ne l'a pas dit comme ça, mais en gros, c'est ça ! Elle a vu que les élèves avaient du mal à tenir au niveau de l'attention, je lui ai dit que ça dépendait des fois et que la semaine dernière cela s'était bien mieux passé. Mais elle ne me croit pas bien, elle dit que c'est absolument impossible de faire tenir en débat des élèves de CE1 pendant 30 minutes (je le faisais avec mes CP l'an dernier pour info...), et que je dois absolument passer à l'écrit à un moment. Pour elle il n'y a qu'une façon correcte de faire : partir d'un document en début de séance pour s'appuyer dessus, faire un temps en groupe et à l'écrit avant de passer à l'oral.
Mais là je ne suis pas d'accord du tout, j'ai vu de mes yeux des expériences en primaire bien différentes et qui fonctionnaient très bien (à commencer par le film "ce n'est qu'un début", qui montre des séances de débat de ce type en maternelle), et Mr T. (mon prof à la fac), est un spécialiste dans sa filière et sait un peu de quoi il parle...

De plus, pour elle il faut qu'ils sortent de la séance en ayant évolué et en ayant appris quelque chose qu'ils puissent ressortir... Là aussi, j'essaye de lui expliquer que pour moi l'EMC est une réflexion qu'on va mener sur plusieurs séances et donc sur plusieurs semaines, et qu'il leur faut donc du temps pour maturer leur réflexion et apporter des changements à leur vision des choses !

Au final, je me suis défendue en disant que c'était ainsi qu'on nous le demandait et que comme c'était pour mon mémoire, je ne pouvais pas faire autrement cette année, même si je notais ses idées pour les prochaines années (humhum).

En bilan, plutôt positif, dommage que l'EMC ait clôturé la matinée ! A. finit par me dire qu'il lui manque quelques infos pour sa notation et qu'elle va essayer de demander au conseil de revenir (pitié non !). A suivre...

Elle repart et moi je cours pour préparer mon après-midi ! D. (la maîtresse E), me chope au vol pour m'expliquer qu'elle a eu une discussion avec la petite Romane ce matin. Nous avons fait une demande de bilan psychologue, ce qui nous a amené à proposer une orientation en CLIS (école spécialisée), ce qui a été accueillie de façon assez mitigée par les parents...

Ce matin, Romane vient dire à D. qu'elle est triste car elle va changer d'école. D., croyant qu'elle parle de la CLIS, lui en demande plus, ravie de voir que les parents auraient changé d'avis ! Romane lui explique que ses parents ne sont pas d'accords pour l'école spécialisée et qu'ils vont donc l'envoyer dans une petite école, dans une autre commune. Ha bon ???
Je reste un peu sur les fesses... Je comprends l'hésitation des parents et ce qui les retiennent, mais la mettre dans une autre école ne fera que déplacer le problème, qui va persister et grandir avec le temps. De plus, nous sommes un peu frustrées avec E. de voir ce refus catégorique, car nous faisons tout notre possible pour aider Romane, et nous arrivons au bout de tout ce que nous pouvons proposer... Une CLIS est à vrai dire la seule solution possible et envisageable pour cette petite qui va finir par se noyer dans un système classique... Mais dur dur de faire comprendre ça aux parents (et je tiens à dire que je comprends leurs réticences et leur façon de penser hein, mais je pense surtout à Romane...).

Mais il faut que je retourne en classe, puisque mes élèves arrivent. Nous finissons la séance d'écriture avec la copie de ce qui a été écrit le matin. Certains ont finit, d'autres traînent la patte : je profite de ce temps de transition pour leur lire la suite d'Alice aux pays des merveilles, dans le calme le plus complet...!

Après la récréation, ce sera une petite séance de découverte du monde avec la lecture de plan, que les élèves comprennent en un rien de temps ! Nous avons même le temps d'attaquer une deuxième page avant l'heure de fin de classe. Je les libère finalement et je remballe mes affaires pour un long trajet retour. 

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