mardi 8 mars 2016

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Je sais que je n’ai pas écrit la semaine passée, mais j’étais alors tellement épuisée par le décalage horaire, de retour des Etats-Unis, que je n’ai pas eu l’envie de prendre le clavier… D’autant plus que les deux jours se sont particulièrement bien passés ! Les élèves ont été tout simplement adorables après que je leur ai expliqué que j’étais très fatiguée parce que je revenais d’un pays où, en ce moment-même il faisait encore nuit et pour quelques heures encore…


De retour cette semaine, pleine d’énergie en me disant que ça y est, ma classe a grandi ! Je suis fière d’eux et j’ai hâte de voir si ça va continuer ainsi.

Dur dur quand même de se lever à 4h45, je ne sais pas comment fait Nathan ! Je me retrouve finalement à la gare de C. pour trouver ma correspondance pour M. Le train n’est pas encore là, je l’attends donc patiemment, dans un froid glaçant (en me rappelant tendrement l’époque où il était déjà là quand j’arrivais avec le train d’A., et où je pouvais simplement monter et m’installer tranquillement). Je grelotte pendant 20 minutes (chouette, plus que 10 minutes !), pour tout à coup voir que mon train aura… dix minutes de retard. Evidemment ! J’attends donc 20 minutes supplémentaires et commence gentiment à me transformer en glaçon. A l’heure annoncée, toujours pas de train. Je lève les yeux à nouveau vers l’affichage, et le retard passe à 25 minutes !

Gelée jusqu’aux os, je prends mes affaires et vais attendre dans le hall ! Le train arrive finalement, je m’installe dans un premier wagon. Je commence à sortir mes affaires quand je me rends compte qu’il fait encore un froid de canard. La porte du wagon semble ne pas vouloir se fermer… Je suis déjà congelée, hors de question de rester ici alors que l’on s’arrête toutes les dix minutes pour laisser entrer un peu de froid ! Je remballe donc mes affaires et passe dans le wagon d’à côté pour être plus au chaud. Je m’installe au hasard, dans un carré de 4 places.

Une femme dans le carré d’à côté me regarde avec un sourire béat, et me dit qu’il fait froid. Je rigole, je dis que oui. Elle me dit qu’on a choisis les montagnes, qu’il faut donc s’y faire, avant de me demander si je vais au ski. Non non, je vais travailler. Plus un mot.

Je m’installe et tout à coup la dame entame tout un tas de chants religieux, où elle chante combien Jésus est merveilleux, beau, grand, gentil, qu’il reviendra nous emmener un beau jour, tout ça tout ça… Le tout ponctué de « oh je vois les montagnes !! Elles sont belles les montagnes ! ». Je m’empresse de fixer des écouteurs sur mes oreilles et de me plonger dans mon livre, en espérant vraiment qu’elle m’oubliera. Une jeune fille finit par se lever et lui demander gentiment d’arrêter de chanter (« mais je chante, c’est joli quand je chante, j’aime bien chanter, c’est bien de chanter ! »… Oui mais on voudrait juste profiter d’un peu de calme ?).

Je sors finalement à S., pressée de laisser là ma gentille allumée !


Et c’est parti pour ces deux journées !

Je commence par retrouver collègues et élèves. Si les collègues aiment beaucoup ma coiffure et trouvent que ça me va à merveille, les élèves sont perplexes… Ali vient me voir en me demandant si je me suis coupé les cheveux (j’ai dit oui, mais j’ai évidemment tenté le coup de « ben non pourquoi ? » ce qui n’a eu qu’un succès mitigé !). Regard perdu, il me fixe quelques secondes avant de détourner enfin le visage en disant « mais c’est différent… ! ». Il finira par m’avouer, une fois installé en classe, qu’il me préférait les cheveux longs. Hé bien tant pis !

Nous nous mettons au travail en commençant par du français. J’introduis une nouvelle petite habitude : un exercice court à réaliser chaque matin, histoire de s’entraîner sur les notions que nous sommes en train d’apprendre. Je leur distribue donc un petit ensemble de phrase dans lequel, après avoir révisé ensemble la notion, je leur demande de trouver le GN. Je les fais bien sûr répéter encore, et encore, et encore (6 fois au total, sisi) que le GN est composé d’un déterminant et d’un nom. Je leur donne une astuce pour ne pas confondre : quand je dis « groupe nominal », j’entends deux mots, il faut donc que j’ai deux mots quand je souligne mon GN (parce que beaucoup s’obstinent à ne me souligner que le nom). Je leur fais dire à un partenaire ce qu’est un groupe nominal et comment le trouver et je les lance. Hé bien croyez-moi ou non j’ai encore eu des erreurs à la correction ! (quand on fais le GN depuis 7 semaines, qu’on a révisé ça la semaine passée et à l’instant même, quand on balise autant et qu’un élève vous souligne « mange », c’est un peu décourageant…)
Mais tant pis, ces exercices sont là pour ça aussi, pour que ça rentre !

Nous passons ensuite à une séance qui pose beaucoup de difficultés, faute à un fichier certainement trop ambitieux. On leur demande de trouver les GN (pas évident pour tout le monde, on l’a vu…), et on leur demande ensuite de remplacer le GN par « il », « elle » ou « elles » QUAND c’est possible. Avec trois GN par phrases, c’était sûr que ça poserait des soucis !
Par chance, E. est là et me prend déjà un bon groupe de 5 élèves, les plus en difficulté, ce qui me permet d’aider ceux qui vont peiner mais qui peuvent avoir un déclic si je les aide au début. C’est donc parti pour faire le tour de la classe. Adam, qui a des difficultés, a du mal au début, mais au premier exemple ensemble, c’est parti, le voilà qui réussit ! Cylian a du mal aussi aujourd’hui, je passe donc quelques temps avec lui. Je finis par les libérer pour la récréation et je reste pour corriger les fichiers.

Pour la suite de la matinée c’est italien avec Sara (pendant que je corrige les dictées au fond), et APC avec mon petit groupe de 3 élèves qui est toujours et sans cesse en train de progresser !


Au retour l’après-midi, c’est une séance de mathématiques que l’on attaque avec la découverte de l’axe de symétrie. Je m’attaque à cette séance avec appréhension, en essayant de ne pas brûler les étapes, en prenant le temps de souligner chaque étape, une par une, de faire des expériences ensemble, de les faire manipuler, de corriger au fur et à mesure, de faire ressortir les erreurs pour comprendre ensemble pourquoi ce n’est pas possible… Et ça ne marche pas trop mal ! Ils semblent réussir, même si, lors du dernier exercice où l’on ne laisse plus la possibilité de manipuler mais seulement d’imaginer, cela reste quelque peu fastidieux pour certains. Mais c’est normal, ce n’est que la première séance ! Quelques activités autonomes sur ce thème devraient aider chacun à exercer son œil et à comprendre.

Avant de sortir en récréation, les élèves n’ont qu’une demande à la bouche : et la surprise ?
Hé bien oui. Avant les vacances de février, ils étaient arrivés à 15 billes, ce qui leur donnait droit à une nouvelle surprise. Surprise choisie au vote : une lecture offerte avec un chocolat chaud !

Après la récréation, nous nous installons donc en salle de musique, assis par terre et pendant qu’E. distribue gentiment les gobelets remplis de chocolat chaud, j’attaque la lecture d’Alice aux pays des merveilles. Je leur annonce que nous n’aurons pas le temps de finir mais que nous pourrons lire un chapitre ou deux (chapitres courts car c’est une version simplifiée) à la fin de la classe s’ils ont été sages dans la journée.

Normalement mes enseignants voudraient qu’il y ait un objectif derrière ce type d’exercice, que j’exploite l’œuvre pour voir la trame du récit par exemple, ou encore pour travailler sur tel type de narration, tel auteur en particulier... Mais j’avoue que l’idée de simplement leur faire découvrir le plaisir de lire, de découvrir une histoire, de se l’imaginer, d’en attendre la suite avec impatience, me tenaille le ventre. J’ai bien envie d’instaurer ce type de rituel, où l’on prendrait simplement un classique pour enfants, et où on le découvrirait ensemble, morceau par morceau (j’ai déjà dans mon viseur Le Petit Prince ! J’avais aussi pensé à l’Ile aux Trésors mais je crains que ce ne soit encore trop compliqué pour eux… !). Bien sûr je poserai quelques questions pour travailler la compréhension mais bon… si on apprenait aussi le plaisir de lire ?

Les enfants sont attentifs. Pas tous, évidemment, car certains connaissent déjà l’histoire, et que c’est une classe de petits agîtés. Mais même les plus pénibles d’ordinaire discutent en chuchotant tout doucement pour ne pas gêner les autres. Pas de pieds qui tapent sur la chaise, pas de râle parce qu’on m’a poussé, pas d’élèves qui s’étalent par terre… De petites discussions, toutes discrètes, et une bonne majorité qui écoute attentivement.

A la fin de la lecture, je leur demande encore deux minutes d’attention et prend ma fiche pour annoncer qui va au périscolaire. E. s’avance et explique aux enfants qu’elle va prendre une minute pour leur dire qu’elle trouve qu’ils ont exagérés, que ce temps était une récompense et que c’était quand même un moment sympa pendant lequel certains n’ont fait que discuter et que ce n’était pas normal. Elle les gronde, et certains me regardent avec de grands yeux qui disent « et toi, tu penses ça aussi maîtresse ? ».

Parce que certains savent que non je pense ! Moi qui pensait être stricte, il faut voir E. ! Je ne lui dis rien, évidemment, même si ça me gêne un peu qu’elle gronde les élèves lorsqu’ils sont avec moi… Surtout que je ne suis pas du tout d’accord avec ce qu’elle dit à ce moment précis ! Je me demande alors si je suis trop laxiste, mais je me rends compte tout de même que les croix et les punitions tombent beaucoup plus en fin de semaine qu’en début, et que j’arrive pourtant à maintenir une bonne entente de classe en règle générale, même si parfois j’ai eu envie de les laisser là et de rentrer à la maison !

J’essaye au maximum de valoriser les bons comportements au lieu de punir le mauvais, j’ai même ajouté une affiche où chaque groupe de couleur peut gagner des points et essayer d’arriver au bout pour gagner une surprise ; quand il y a vraiment trop de bruit, au lieu de redemander le silence et de mettre des croix, je regarde quel groupe est silencieux et attentif, je mets un point et je le remercie. Effet immédiat ! Le groupe en question se félicite, et les autres se taisent immédiatement et essayent d’avoir le même comportement. Merci Salt Lake City pour cette idée extra !

Si je retiens quelque chose des Etats-Unis, c’est notamment que le renforcement positif peut avoir un effet extraordinaire sur les élèves, et donner une ambiance de travail sereine et sérieuse à la fois ! J’ai aussi trouvé que les élèves nous le rendent bien aussi, sentant quelque part que nous essayons de faire au mieux pour eux, et voulant faire l’autre bout de chemin. J’aurai au moins amené un peu des Etats-Unis en France !

Mais c’est terminé pour ce soir, et je remballe mes affaires pour filer dormir chez Isabelle. J’y trouve une amie à elle, enrhumée comme jamais. Isabelle rentre peu après moi, barbouillée et disant qu’elle a été malade toute la nuit dernière… Je rigole avec Nathan au téléphone en lui disant que j’ai oublié mon produit pour nettoyer le nez, et que je ne sais pas encore qui du rhume ou de la gastro risque de m’infecter. Nathan m’ayant connu malade tous les mois l’an dernier connaît la réponse : les deux !

Je me glisse vite sous les couvertures ; ma journée a été longue, et la prochaine promet également, puisque demain, c’est ma dernière inspection de l’année !

2 commentaires:

  1. ça fait plaisir de retrouver tes textes !! Je me demandais si tu allais arrêter après les USA ...

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    1. Non non je continue ! J'écrirai celui de mardi cet aprèm !

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